Humans of Montpellier n°69
Je m’appelle Renaud Lemaire, alias “Reno”, j’ai 38 ans et je suis l’auteur du manga Dreamland. J’ai toujours vécu à Montpellier et j’espère bien y rester toute ma vie. C’est en 2006 que paraît le premier tome de Dreamland chez Pika, dans lequel le public a pu découvrir les personnages et l’histoire que j’ai imaginé en partie dans Montpellier.
Le pitch, c’est que lorsqu’on dort, on peut devenir “éveillé” en surmontant sa phobie, et ainsi atteindre le monde des rêves dans lequel nous pouvons nous déplacer librement. Les personnages alternent donc entre aventure shonen dans le monde des rêves et leur vie de lycéen montpelliérain. Si j’ai pris cette ville comme décor, c’est parce que je préfère dessiner ce que j’ai sous les yeux. Ainsi, les trois personnages principaux sont étudiants au lycée Jules Guesde, lycée dans lequel j’ai étudié, ils vont boire un verre au Petit Nice, se poser sur les marches de St-Roch et s’amuser à la plage de Palavas. Après, il arrive qu’il y ait des confusions. Ceux qui ont lu le manga pensent qu’appeler une jolie fille “chouquette” est un truc typiquement du sud, alors que c’est juste un délire avec mes potes…
Certains découvrent Montpellier avec mon manga, mais je doute vraiment que ça ait un réel impact sur le tourisme. Quelques fans m’ont dit qu’ils avaient choisi Montpellier pour leur études universitaires grâce à Dreamland. Les lieux qui y sont présents sont ceux que j’aime beaucoup. Ceux cités plus haut sont mes préférés, et j’y ajoute le quartier Celleneuve, dans lequel j’ai grandi. De façon générale, tout ce qui se trouve au-dessus de la place de la Comédie me plaît. Et si j’ai choisi le manga pour Dreamland, c’est surtout parce que l’histoire, le scénario que j’avais imaginé s’intégrait bien dans ce style. Dès que Dreamland sera fini, peut-être que mon prochain projet sera dans un autre style, comme de la bande-dessinée franco-belge. Cela dépend avant tout du scénario et de l’histoire que j’ai envie d’écrire !
Récemment, j’ai fait une surprise à mon ami Hiro Mashima, auteur de Fairy Tail. Nous nous sommes déjà croisés durant différentes conventions, la dernière étant le festival d’Angoulême. Nous sommes chacun fans du travail de l’autre, et le fait de devoir discuter avec un traducteur ne nous pose pas de problème. Alors pour le festival d’Angoulême, et pour “fêter” la fin de Fairy Tail, j’ai décidé d’écrire secrètement en moins de deux semaines un cross-over Fairy Tail X Dreamland. L’initiative lui a beaucoup plu, et à nos éditeurs respectifs aussi.
Cadeau for my friend @hiro_mashima #FairyTail #dreamland pic.twitter.com/OesHdNKAlU
— Reno Lemaire (@RenoLemaire) 27 janvier 2018
Dreamland est le manga le plus français qui existe
Dreamland, c’est déjà un vieux manga. On peut voir l’évolution d’un jeune auteur. Les coups de crayon évoluent et s’améliorent avec le temps. C’est le manga le plus français qui existe, pour un lecteur de manga classique habitué aux codes japonais, Dreamland est exotique. Honnêtement, travailler seul sur un manga prend du temps, ceux qui le font sont grandement méritants ! C’est de l’endurance. Même si tu as le meilleur scénario et coup de crayon du monde, si tu n’as pas les épaules et le dos assez solide pour passer plusieurs heures penché sur une table de dessin, tu ne tiendras pas longtemps. L’astuce, c’est de faire du sport. Perso, je fais du Beach-Volley à Palavas. C’est ce qui m’a permis de tenir 18 tomes.
Au Japon, les plus grands auteurs ont des assistants, ce qui permet plus de liberté. Mais en France, c’est particulier. Nous, nous sommes beaucoup plus focalisés sur le dessin. Si tes premiers tomes ne sont pas très bien dessinés, tu risques de ne pas être édité. Par exemple, Attack On Titan (Shingeki no Kyojin) n’a été découvert en France que depuis la version animée, qui est magnifique par rapport aux premiers coups de dessins. Au Japon, ils sont beaucoup moins regardants sur les graphismes pour se concentrer sur l’histoire.
On fête les 10 ans de Dreamland et Fairy Tail sur la scène Yuzu avec Reno LEMAIRE et Hiro MASHIMA ! #JapanExpo 🎂 pic.twitter.com/5YiiMrjC0J
— Japan Expo #japanexpo ⛩🗼🔥 (@japanexpo) 9 juillet 2016
Le Japon commence très récemment à découvrir les mangas français
Se faire éditer au Japon, ce serait le saint Graal, mais c’est quasi impossible. Le Japon a commencé très récemment à découvrir les mangas français, car ils ne peuvent pas être publiés dans les magazines locaux. Radiant, de l’ami Tony Valente est devenu le premier manga français à être exporté au Japon en 2015. Il est très bien dessiné, et c’est la nouvelle série d’un auteur confirmé, qui a plus de 10 ans de carrière dans la BD. C’est incomparable avec Dreamland. Tony Valente est un professionnel confirmé. J‘imagine qu’Euromanga (le seul magazine qui exporte les créations européennes au Japon) a vu en Radiant un fort potentiel, et les faits nous prouvent qu’il a eu raison. Radiant est plus universel, c’est un monde de fantasy, comme One Piece, ou Fairy Tail. Pareil, Everdark, le manga de mon cousin Romain Lemaire sera peut-être édité au Japon avant Dreamland, vu le très bon démarrage qu’il a fait et les très bons retours qu’il a eus jusqu’à présent et à la Japan Expo.
Hello à toutes et à tous,
Voici mon planning de dédicaces pour juillet/août 🙂
20 juillet : Librairie Bulle Le Mans de 15h à 18h30.
23 juillet : “La Culture à Ciel Ouvert” La grande Motte plage.
6 et 7 août: Laroque en bulle, laroque les albères.
25 août: Cultura Carcassone.— Lemaire Romain (@roro_lemaire) 17 juillet 2018








