Éducation : des outils pour apprendre différemment
Les 23 et 24 février 2019, à l’initiative de Julien Peron et organisée par l’agence Neo-bienêtre, s’est tenue la deuxième édition du congrès de « l’innovation en éducation », en plein cœur de Montpellier à la salle Jules Pagézy.
Plus de 500 personnes étaient au rendez-vous pour échanger, partager et apprendre autour de la thématique “innovation en éducation.” Ce sont 14 conférences animées par des spécialistes qui se sont succédé durant tout le weekend.
Éducation : à l’heure du changement
En cette période de Parcoursup où les jeunes étudiants sont en pleine réflexion sur leur avenir, Isabelle Servant, l’une des conférencières et fondatrice d’EMAE, a abordé ce dimanche la question « quelle école pour demain ? ».
Le choix peut s’avérer parfois difficile. Afin de prendre les bonnes décisions, Isabelle Servant nous explique « que les jeunes doivent se reconnecter à la psychologie positive pour avancer dans leur projet professionnel ». Pour aller plus loin, d’après l’experte, les étudiants ont tous des points forts ou des choses qui les attirent, et en être conscient est nécessaire afin de trouver une éducation adéquate.
Cependant un nombre important de jeunes semblent être perdus et préfèrent adopter une attitude passive. Un constat évoqué par la conférencière qui propose des solutions pour les accompagner et les guider dans leur éducation. Le travail d’accompagnement doit passer par l’école et les matières qu’elle propose. Instaurer un plus large panel d’enseignements, des activités scolaires diversifiées et une mise en valorisation de la différence de chacun semble indispensable.
Apprendre à responsabiliser les élèves dès leur plus jeune âge, c’est la clé d’une attitude responsable ! Dans plusieurs pays, cette technique est mise en place. Par exemple au Japon, les élèves sont chargés de nettoyer leurs toilettes et leurs classes ou même aider leurs camarades. Isabelle Servant déclare qu’« organiser des petites missions et des actions caritatives, c’est faire prendre conscience aux enfants que l’on a des droits et des devoirs. » Des responsabilités qui permettent de faire émerger un besoin de se sentir utile chez l’enfant.
Le travail collaboratif est-il indispensable ?
Dans une éducation où la compétition se fait ressentir et l’individualisme est de plus en plus présent, développer l’intelligence collective apparaît comme un grand défi. Isabelle Servant défend l’idée d’un apprentissage collectif. Elle explique, qu’il faut « prendre conscience que nous sommes tous complémentaires. » Afin de justifier son affirmation, elle prend appui sur un exemple qui parle à tous : une baguette de pain. Cela peut paraître étrange, mais attendez la suite ! “La création d’une baguette nécessite la participation du monde entier. Éléments naturels, bactéries, machines et savoir-faire sont requis pour la fabriquer.”
Nous sommes donc dans l’obligation de travailler tous les jours ensemble. Le travail collaboratif apparaît comme un facteur déterminant et indispensable pour créer le monde de demain.
Afin d’aider les plus jeunes, autant faire aux professeurs ce que feront les élèves plus tard. CP : M.A
Et si les enfants devenaient professeurs ?
Dans la même lignée, une autre conférence est présentée, mettant en avant les avantages d’une éducation alternative. C’est la méthode KAKORO LINGUA, animée par Nathalie Lesselin.
L’objectif est le partage des connaissances, des cultures et des langues entre les enfants, via une plate-forme numérique. Nathalie Lesselin déclare : “Mon prof d’anglais à 6 ans”. Le concept est simple : les enfants apprennent à d’autres enfants une méthode pour faciliter l’apprentissage.
Cependant l’utilisation d’un support numérique retient l’attention d’un participant, qui n’hésite pas à réagir : “le concept est bien mais encore un écran…” La conférencière rassure le public “nos enfants vivent déjà avec les écrans. Notre objectif est de leur apprendre à les utiliser différemment, comme une ouverture”.
La loi Blanquer : “pour une école de la confiance”
Ce congrès témoigne de la volonté d’améliorer les techniques d’apprentissages classiques dans le but d’instaurer une éducation nouvelle, mieux adaptée.
Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation, avait annoncé en 2017, 12 changements pour bâtir “une école de la confiance” dans le but de renforcer le système éducatif et de développer l’enseignement.
À l’heure actuelle, le projet semble connaître des complications. En ce mois de février la réforme est une nouvelle fois passée sous examen devant l’assemblée.
Les articles et amendements adoptés sont les suivants : “l’école obligatoire dès l’âge de 3 ans”, “amendement pour l’installation des drapeaux français et européens dans les classes”, “des missions d’enseignements pour les pions”, “la création d’un conseil d’évaluation de l’école”, “la possibilité d’un regroupement école et collège” et “l’inclusion des élèves handicapés”. En ce qui concerne l’amendement parent 1 et parent 2 avisé de remplacer père et mère, donnant lieu à une forte polémique au sein de la société, a été abandonné après relecture, pour être remplacé par deux cases pères et deux cases mères.








