La marche pour le climat prend de l’ampleur à Montpellier
Après celle du 8 septembre qui a réuni un millier de personnes à Montpellier, une nouvelle marche pour le climat a eu lieu hier, samedi 13 octobre. Au départ des jardins du Peyrou jusqu’à la place de l’Europe, environ 3000 personnes se sont mobilisées pour réclamer auprès des dirigeants locaux et nationaux, la fin des investissements dans les énergies fossiles. Un engagement fort qui doit en appeler d’autres pour les organisateurs de cette marche, car il y a urgence pour la préservation de la planète et de l’espèce humaine.
« On est plus chauds, plus chauds, plus chauds que le climat ! » scandent avec détermination les manifestants, prêts à défier le réchauffement climatique. Initiées par le collectif Il est encore temps suite à la marche Rise For Climate du 8 septembre dernier, plusieurs associations et mouvements citoyens ont organisé une marche pour le climat qui a eu lieu le samedi 13 octobre à Montpellier.
Un nouvel élan citoyen pour le climat
Une nouvelle manifestation programmée pour alerter l’opinion publique face à l’urgence climatique actuelle et faire pression sur les pouvoirs politiques quant au désengagement des énergies fossiles. « On ne peut pas attendre éternellement que les collectivités ou les États bougent par eux même, donc on est là pour leur dire que les citoyens veulent que ça change » explique Stéphane Herb du collectif zéro fossile Montpellier, un des organisateurs de cet événement. En tout, près de 80 villes françaises ont organisé une marche en faveur du climat. D’autres marches étaient prévues également à Genève, Luxembourg, Bruxelles, Mons ou Namur.
À Montpellier, le collectif zéro fossile avec les mouvements Alternatiba, I-Boycott Montpellier, Oxfam ou Greenpeace Montpellier, a mobilisé 3000 manifestants selon les organisateurs (2000 personnes d’après les forces de l’ordre). Une affluence qui a ravi Mathieu Pierron, membre d’I-Boycott Montpellier, qui y voit l’occasion de renforcer la convergence du milieu associatif sur des luttes communes dans le domaine de l’énergie, de l’environnement et du climat. Une mobilisation réussie qui s’explique également selon lui par un sursaut citoyen à ce sujet « Depuis la démission de Nicolas Hulot (ndlr : au ministère de la transition écologique, le 28 août dernier), je ressens le fait que les citoyens ont une plus grande conscience des problèmes liés au changement climatique, qu’il y a plus d’initiative qui se crée » dit-il.
#Climat 🌎👨👩👧👦 gros cortège à l’occasion de la #MarchePourLeClimat qui se dirige vers la place de Comédie #Montpellier pic.twitter.com/Krhj52EwW8
— LeNouveauMontpellier (@LeNouveauMtp) 13 octobre 2018
Une prise de conscience citoyenne qui a également émergé avec la diffusion d’un rapport accablant du GIEC (Groupe d’expertise et de conseil intergouvernemental sur l’évolution du climat) le 8 octobre dernier. Dans ce rapport de 400 pages, ces experts du climat appellent tous les secteurs à « une transition rapide et de grande portée », d’une ampleur « sans précédent » pour limiter le réchauffement à 1,5°C entre 2030 et 2052. Au-delà de ce seuil de 1,5°C, les risques pour la planète sont catastrophiques.
En réaction, 19 YouTubeurs ont publié, le même jour, une vidéo intitulée Il est encore temps vue plus de 7 millions de fois sur les réseaux sociaux afin de lancer cet appel à manifester ce samedi 13 octobre. Une séquence importante qui a « insufflé un second souffle » sur la visibilité de cette marche auprès du grand public selon Mathieu Pierron.
Une manifestation qui a ainsi touché une large population par la venue de nombreuses familles et la présence significative de la jeunesse au sein du cortège montpelliérain. Une raison tout à fait logique pour Stéphane Herb car il n’est plus question de préserver la planète mais de sauver l’espèce humaine « et ce n’est pas dans 1000 ou 2000 ans, c’est là ! Dans 30-50 ans si on n’agit pas » indique t-il. « C’est notre génération et nos enfants qui vont être impactés directement » ajoute Stéphane Herb.
Les solutions alternatives face aux énergies fossiles
Des « points solutions » itinérants ont donc été placés dans le cortège de la marche afin de sensibiliser et d’informer le public sur les alternatives face au dérèglement climatique. Les associations telles que Ocean Protection, Enercoop LR, Zero Waste ou I-Boycott étaient présentes pour mettre au fait des solutions existantes concernant la biodiversité, les énergies vertes, le recyclage ou la notion de consom’acteur. « Il y a encore un gros travail à mener auprès du public pour faire changer les mentalités et informer les gens qu’il existe d’autres moyens de consommer » déclare Stephane Herb.
Une manifestation originale où les acteurs proposant des alternatives en faveur du climat étaient « plus identifiables et la marche plus dynamique que celle du 8 septembre » selon Mathieu Pierron. Un dynamisme caractérisé par une ambiance bon enfant, voire festive, lors de cette mobilisation qui a vu son cortège entonner plusieurs fois l’hymne de nos campagnes, du groupe Tryo, durant le parcours.
L’un des seuls moments de grande protestation lors de cette marche fut le passage des manifestants vers l’Hôtel de Métropole de Montpellier, pour lequel ils ont effectué un arrêt de plusieurs minutes sur la place Zeus. Le cortège a signifié son mécontentement par des « Montpellier arrête de gaspiller » ou des sifflets contre le non-positionnement des élus sur la pétition du collectif zéro fossile concernant le désinvestissement de Montpellier sur les énergies fossiles.
Un point qui pourrait être révisé assez vite car une délégation du collectif zéro fossile a été reçue vendredi dernier par un membre du cabinet du maire afin de présenter la pétition. Les premières discussions, selon le collectif, sont plutôt favorables pour envisager un désinvestissement sur les énergies non-renouvelables par la collectivité publique montpelliéraine.
En attendant que la ville de Montpellier statue sur son potentiel désengagement dans les combustibles fossiles, d’autres actions sont programmées jusqu’à la fin de l’année par ces mouvements citoyens engagés pour le climat. Un Climate Friday aura lieu en réponse au Black Friday pour appeler à la « déconsommation » du public le 23 novembre prochain. D’autres manifestations doivent avoir lieu durant la COP 24 qui se tiendra du 3 au 14 décembre à Katowice, en Pologne, afin de signaler aux politiques qu’il est urgent d’agir au plus vite pour le climat. Une revendication qui sera martelée à outrance ces prochains jours par ce collectif citoyen, notamment par Stephane Herb, estimant que le climat est la mère de toutes les luttes pour lequel « si on ne gagne pas ce combat là, l’humanité va droit dans le mur ».






