Regards croisés sur Jazz à Sète
Depuis le 21 mars et jusqu’au 19 juillet, la Brasserie du Dôme à Montpellier accueille une exposition inédite signée Éric Morère, photographe officiel du festival Jazz à Sète qui se déroulera cette année du 12 au 19 juillet. Cette rétrospective nous permet de revivre les éditions précédentes du festival à travers des photos des artistes et des affiches collectors créées par l’artiste local Jean-Paul Bocaj.
Éric Morère capte la passion des artistes sur scène
Le directeur de la Brasserie du Dôme Jean-Phillipe Perez, passionné de jazz, nous ouvre les portes de cet endroit mythique où de nombreux artistes jazzophiles sont venus exprimer leur talent. Voilà déjà 35 ans que des artistes exposent leurs toiles dans cette brasserie peu commune, et depuis douze ans est organisé un dîner-concert chaque mois, l’occasion de rythmer vos repas aux notes de jazz.
La Brasserie du Dôme (Crédit Photo : © Clara Mure)
À l’occasion de cette rétrospective, les murs sont recouverts des captations d’Éric Morère et des affiches du festival jusqu’à l’édition de 2013. On peut y voir le célèbre violoniste Didier Lockwood qui est déjà venu jouer en ces lieux, ou encore les guitaristes Bernard Allison et Madeleine Peyroux.
(Crédit Photo : © libre de droits)
Lors du vernissage de l’exposition, les musiciens Thomas Fontvielle, Dano Haider et Jean-Pierre Barreda (en photo ci-dessus) étaient là pour assurer le show et de nombreuses personnalités étaient présentes tels que Louis Martinez, fondateur de Jazz à Sète, et Jean-Paul Bocaj, artiste local qui a notamment créé les affiches du festival (Martinez et Bocaj en photo de Une).
Louis Martinez, passionné de jazz, a créé l’association Jazz à Sète en 1996 et depuis, le Théâtre de la Mer à Sète a eu le privilège de recevoir des artistes de renom tels que Ray Charles, Stéphane Grappelli, Paco de Lucia, Mickael Breacker, Tania Maria, Martial Solal, Dee-Dee Bridgewater, entre autres. Cette année encore, le spectacle promet d’être grandiose avec au programme : Jeff Beck (12/07), Brad Mehldau et Mark Guiliana / Hiromi (14/07), John Scofield / Joshua Redman (15/07), Vicente Amigo / Jean-Pierre Como (16/07), Gregory Porter / Joël Allouche (17/07), Dr. John and The Nipe Trippers (18/07), Bettye Lavette / Nikki Yanofsky (19/07).
(Crédit Photo : © Clara Mure)
Le jazz tout en couleurs avec Jean-Paul Bocaj
L’artiste très réputé Jean-Paul Bocaj a pris le temps, entre deux toiles, de répondre à nos quelques questions sur son art et sa participation à l’image du festival Jazz à Sète.
Le Nouveau Montpellier : Vous peignez presque exclusivement des femmes en mettant en valeur leur plastique et leur regard aguicheur, est-ce que les femmes vous inspirent davantage que les hommes et qu’est-ce qui vous fascine chez les femmes ?
Jean-Paul Bocaj : C’est une admiration pour les femmes. Restons simple. C’est vrai que j’ai beaucoup de personnages féminins et quand j’ai fait la première affiche de Jazz à Sète, c’est ce qui avait frappé Louis [Martinez] et il m’a ensuite demandé de peindre des femmes pour les affiches du festival. J’ai bien essayé de peindre des hommes, mais ça n’a pas du tout marché. C’est vrai que c’est très plaisant de peindre des femmes et les hommes me demandent souvent de faire les portraits de leurs femmes, c’est rarement l’inverse qui se produit. Mais ce sont des femmes avec du caractère, qui en veulent, elles ne sont pas soumises et c’est vrai que les femmes brunes s’y prêtent mieux, même quand je peins des blondes, elles sont brunes ! (Rires)
Quel rapport la femme entretient avec la musique selon vous ? En effet les femmes sont souvent au premier rang dans vos toiles avec des instruments, des hommes ou des musiciens en arrière plan mais elles ne semblent pas participer à l’action musicale : sont-elles des muses, des séductrices ou est-ce qu’elles participent à l’effervescence ?
Ça, c’est suite aux affiches que j’ai faites pour le festival parce que je ne le faisais pas avant, j’ai fait pas mal de maquettes et après je me suis dit que j’allais faire quelques petites séries de tableaux là-dessus. Après, c’est aussi grâce au festival où j’ai vu de belles chanteuses de jazz, par exemple Mélody Gardot que j’ai vue plusieurs fois sur scène mais il y en a bien d’autres. C’est vrai qu’il y a un côté sexy, érotique dans leur voix, dans leur attitude, et puis ce n’est pas des femmes qui se laissent faire, c’est du vécu que ce soit les paroles ou la musique, ça fait d’elles de vraies personnalités. Je ne peins pas des femmes uniquement pour faire joli, ça va au-delà de ça. Autant je vais faire des portraits classiques mais avec des petits clins d’œil avec la bande dessinée qui casse la peinture bien lisse.
Vous avez peint plusieurs affiches du festival de Jazz à Sète dont certaines ont été photographiées par Éric Morère (actuellement exposées à la Brasserie du Dôme). Est-ce que vous avez aimé participer à ce festival en captant le public avec vos femmes charmeuses ?
Oui j’ai beaucoup aimé participer à ce festival, c’est d’une inspiration incroyable quand j’y vais, car j’y suis tous les soirs en fait, je croise souvent Eric Morère qui photographie le festival et l’inspiration des affiches vient aussi du festival, que ce soit l’ambiance ou les femmes. Ils ne font pas tellement la parité parce qu’il y a plein de chanteuses de jazz, il y a moins de musiciennes même s’il y a toujours une soirée où il n’y a que des nanas. C’est la dixième année que je fais les affiches du festival, une par an.
Au début, quand Louis m’a demandé de faire l’affiche du festival, je ne devais en faire qu’une parce que c’était renouvelable et chaque année c’était un peintre différent, donc l’année d’après je ne l’ai pas faite. Mais l’année suivante, Louis m’a rappelé et je m’étais dis que ça s’arrêterait là, et en fait ça a continué tous les ans et tous les ans j’attend un coup de fil de Louis parce que ça n’est jamais sûr, mais c’est une belle histoire. En plus, Louis et Violette [sa femme] sont des gens adorables. Et les autres bien sûr aussi comme Éric Morère, je ne connais pas tous leur nom mais ils sont tous supers ! Ce sont des gens motivés, exaltés par leur passion, ils ne font pas ça pour l’argent, c’est ça qui est bien, on ne peut pas leur enlever leur passion. C’est vraiment des gens que j’adore, parce qu’il y a aussi l’amitié qui rentre en compte. Même dès le départ, ça a été un flash ! On n’est vraiment pas motivés par l’argent dans ce festival, c’est pas ça le but. C’est vrai que je n’ai aucune critique à fournir car je suis plein de tendresse pour ces gens-là.
(Crédit photo de Une © libre de droits)










