Humans Of Montpellier n°28
Je m’appelle Laurent Vicente, j’ai 38 ans, je suis psychologue et psychanalyste de formation, entraîneur de profession et athlète par passion. Ça fait plus de 20 ans que je cours et que j’ai construit un corps à toute épreuve, où le but n’est pas d’en faire plus mais de faire mieux pour être meilleur, pour se sculpter un corps d’une discipline de fer et de faire, et donner son meilleur pour être meilleur dans la vie.
Ça fait quinze ans que je suis montpelliérain. Je suis né en Alsace du coté de Strasbourg. Mon père est portugais né au Maroc et naturalisé français. Ma mère est française, également née au Maroc. Ils se sont rencontrés au Maroc où ils y ont passé leur bac. Ils sont venus étudier à Montpellier une année, c’est là où ils m’ont conçu, juste avant de partir à Strasbourg. J’ai vécu vingt ans à Strasbourg. La vie a fait que le seul D.E.S.S (ancien master 2) de psychologie du sport était à Montpellier, je suis donc venu sur Montpellier étudier à l’Université Paul Valéry. Entre temps, j’ai fait un doctorat de quatre ans au Canada en psychologie. Pour l’anecdote, mes parents ont décidé de revenir sur Montpellier il y a 15 ans, au moment où je faisais mon D.E.S.S. La destinée m’a ramené là où j’ai été conçu 23 ans avant.
Montpellier est la ville idéale pour s’entraîner
Je travaille sur Montpellier à mon compte en tant qu’entraîneur sur le terrain où j’entraîne un groupe au Bois de Montmaur (Montpellier Start Running), et par internet sur le site coachapied. Je suis également auteur d’une B.D sur la course à pied (coachapied) vendu à plus de 20 000 exemplaires. J’ai écrit également dix ouvrages de « Motiv’actions », ce sont des livres de citations motivantes et poétiques qui donnent le goût et l’envie de se bouger au quotidien. Cette démarche entrepreneuriale me permet de mieux m’entraîner en choisissant mes heures.
J’ai beaucoup « bourlingué » en France ne serait ce par les compétitions que je peux faire tous les week-ends (à peu près une toutes les deux semaines, soit 25 compétitions par an) et je me rends compte que Montpellier est la ville idéale pour s’entraîner. De plus, étant spécialiste de course de montagne et de Trail (j’ai gagné la coupe de France de Trail les deux dernières années et trois fois 1er français en championnat du monde de montagne), on est dans la même région que Font–Romeu pour mes stages d’entraînement en altitude donc pour moi c’est l’idéal d’avoir un pied sur ces deux villes.
Mon lieu préféré à Montpellier, pour courir notamment, c’est le parc Montcalm. C’est encore un lieu qui est sauvegardé de la voracité immobilière dans cette ville. Un lieu où il y a eu un long processus de militantisme afin de le préserver des promoteurs immobiliers , même s’il faut rester vigilant là-dessus. Étant spécialiste de la course d’escalier, notamment pour la préparation de la Verticale de la Tour Eiffel, j’aime m’entraîner sur les escaliers du Corum pour y faire des gammes et des séances très pointus.
Je suis un coureur atypique
Je me vois bien rester sur Montpellier en travaillant de mon propre chef selon mon activité d’athlète. Le sport me fait vivre mais je n’en vis pas et la tentation de retomber chaque année dans la « normalité » est relancée sans cesse. Mais si tu es athlète tu ne peux pas avoir un travail « normal ». Je m’entraîne douze fois par semaine en faisant 160 kilomètres et en m’entraînant le matin et le soir, 5 fois par semaine. Avec l’hiver, il faut s’entraîner souvent avant que la nuit ne tombe sauf lorsque tu as la possibilité d’aller dans les stades, mais je suis « blacklisté » à Montpellier et je suis obligé d’aller au parc Montcalm où il n’y a pas les lumières donc c’est un peu compliqué. Il y a beaucoup de jalousie quand tu es athlète surtout que je suis un coureur atypique qui s’entraîne très rigoureusement avec des plans d’entrainement très calibrés, très planifiés.
Pour les 20Km de Montpellier, c’était la cinquième fois que je concourrais à cette course. J’étais 2ème les deux dernières éditions et pour cette édition j’ai pu la gagner. J’étais en pleine forme, j’avais fait un stage à Font-Romeu pour faire un pic de forme sur cette course même si je suis spécialiste de montagne et de Trail. Mais les “20km de Montpellier” me tenait à cœur ! On ne peut pas être au bord de la victoire sans tenter le tout pour le tout, donc je suis parti à Font-Romeu exprès pour être à mon meilleur niveau dimanche dernier (27 novembre) et cela a payé. C’est bien car lorsqu’on prend des risques, on est toujours sur une crête où l’on peut basculer d’un côté comme de l’autre dans la sur-fatigue ou le sur-entrainement, mais pour cette année cela m’a réussi ! Ce n’est pas une science exacte à 100%, mais en tout cas la course à pied est un art et on pousse la science jusqu’à l’art de réussir de temps en temps.









