Journée Internationale des Droits des Femmes : « Numérique: où sont les femmes? »
Google Atelier Numérique organise des conférences spéciales pour la Journée Internationale des Droits des Femmes, Hôtel de la French Tech © Lisa Martinez
De nombreux évènements avaient lieu le vendredi 8 mars à Montpellier, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, pour rendre compte du chemin parcouru et de tout ce qu’il reste à faire pour atteindre l’égalité femme/homme. A travers ces événements, ont été abordés nombre de sujets, afin de dénoncer les discriminations dont sont toujours victimes les femmes. L’égalité est encore loin d’être atteinte, par exemple et tout particulièrement dans le secteur de l’emploi (les salaires, les professions scientifiques dites masculines, l’insertion professionnelle…).
Aujourd’hui, à diplôme identique, les femmes ont 30% de chances en moins que les hommes de devenir cadres. L’égalité des salaires n’est pas vraiment respectée, puisque, malgré la loi qui impose désormais des sanctions financières aux entreprises ne respectant pas l’égalité des salaires, le revenu salarial des hommes reste de 28% supérieur à celui des femmes.
Une journée spéciale de mobilisation et de sensibilisation autour des femmes et du numérique, organisée par Google France, l’Atelier Google s’est déroulée à L’Hôtel French Tech Montpellier. Le but était d’aborder les défis de l’intégration des femmes dans le secteur du numérique, et plus largement celui de l’emploi, à travers des tables-rondes, ateliers, conférences, rencontres, débats,…
La journée spéciale #femmes & #numérique à l’Atelier numérique @GoogleFR de #Montpellier, c’est parti! Une journée de débats pour faire évoluer les habitudes dans le monde du travail & de l’entreprise. #mixité #Journeeinternationaledesdroitsdelafemme #JourneeDeLaFemme #FrenchTech pic.twitter.com/xZCp5uYCWC
— Christophe GREUET (@ChristophGreuet) 8 mars 2019
Le projet des Ateliers Numériques Google, consiste à faire évoluer les habitudes dans le monde du travail et de l’entreprise, mais aussi à faire évoluer les mentalités en présentant la mixité en entreprise comme un facteur de performance. Pour soutenir cet argument, Google French Tech a invité des femmes, occupant des postes à responsabilités dans de grandes entreprises ou associations et s’engageant pour faire du numérique un modèle de mixité, à venir témoigner de leur situation à la table-ronde.
Une opinion générale a pu être dégagée sur plusieurs points : le retour à l’emploi de tous ; encourager les femmes même sans formation ; encourager l’intégration des femmes dans les métiers du numérique, encore trop peu choisis par ces dernières ; repenser les techniques de sélection de candidature et de recherche d’emploi ; trouver un juste milieu en prônant la mixité et la diversité (de sexe, d’âge, de compétences..) qui apportent plus de richesse dans les équipes.
Cette table ronde était modérée par Florianne Fay, Responsable des relations institutionnelles de Google France, qui était donc accompagnée de : Camille Jean, Directrice de l’association Force Femmes ; Sophies Deshaies, Inside Sales Director chez Dell EMC France et Eva Rimini, Directrice de l’agence Pole Emploi à Castelnau-Le-Lez. Il y avait 31 personnes présentes, dont 27 femmes pour seulement 4 hommes.
Camille Jean, “Encourager les femmes à se reconvertir, favoriser la mixité et les échanges inter-générationnels”
L’Association Force Femmes, dirigée par Camille Jean, est reconnue d’intérêt général et apporte son aide aux femmes de plus de 45 ans afin de s’intégrer professionnellement et/ou de trouver un emploi. Elle est présente dans 12 villes en France pour lutter contre les discriminations et les stéréotypes liés au genre et à l’âge, et encourage les femmes à se reconvertir. En partenariat avec Twitter et Linkedin, elle exerce également une sensibilisation auprès des entreprises afin de favoriser la diversité dans le monde professionnel.
L’association propose des formations gratuites toute l’année pour : aider à l’insertion salariés entrepreneurs, apprendre à se rendre visible de la part des recruteurs, découvrir des outils gratuits, apprendre à utiliser les Tools, donner les bases de l’e-réputation… Les outils proposés peuvent être retrouvés dans « Ma boîte » en ligne, qui est ouverte à toutes et à tous, où on peut retrouver des quizz, fiches, résumés, témoignages… pour encourager toutes les femmes à devenir entrepreneuses.
Camille nous donne son opinion en tant que femme. Selon elle, plus une entreprise se diversifie et plus elle a de succès, « les résultats en témoignent ». Elle souhaite lutter contre les nombreux stéréotypes sexistes présents dans les manuels scolaires ou dans certaines oeuvres littéraires qui sont pourtant des références du mouvement féministe. Elle aimerait aussi, que la discrimination vestimentaire, ou « du look », cesse. « Il n’est pas possible que cela existe encore en 2019 ».
“Abattre les barrières mentales empêchant les femmes de se tourner vers les métiers numériques”
Sophie Deshaies, Inside Sales Director chez DELL EMC France, nous a également donné son avis sur le monde de l’emploi et du numérique. Elle nous parle d’abord de l’évolution rapide des métiers du numérique. Elle comprend que certaines formations ou organismes d’orientations ne puissent pas suivre aussi vite, mais elle pense qu’il y a un gros travail d’information et d’orientation à faire là dessus.
Elle parle également de sa volonté de « voir plus de femmes au sein de son entreprise et de faire tomber les barrières mentales qui les empêchent de se projeter dans les métiers numériques » et profite de cette Journée Internationale des Droits des Femmes pour le revendiquer. Car, on le rappelle, les femmes sont majoritaires chez les étudiants (55%), mais toujours minoritaires dans les cursus scientifiques.
Chez DELL, sont organisés des ateliers de mentoring, des rencontres, des ateliers originaux de présentation de soi, des campagnes humoristiques de lutte contre les stéréotypes dans l’entreprise (bande-dessinée de la femme parfaite, reprise de l’affiche We do it..). « Ces dernières campagnes ont reçu beaucoup d’écho et ont été très bien reçues par le public. » Chaque année l’entreprise invite à de nouvelles évolutions de la part des employés, et beaucoup d’efforts sont fournis pour progresser.
Campagne humoristique de DELL EMC France pour la Journée Internationale des Droits des Femmes © Lisa Martinez
En tant que femme, elle nous dit être attentive aux réflexions qui ont cours dans un milieu professionnel principalement masculin. Elle recommande à toutes les femmes qui vivent également cela, de le dire « pour entrainer une prise de conscience chez nos égaux masculins ». De son point de vue, les femmes doivent faire émerger les prises de consciences et avoir davantage confiance en elles. Sophie pose par là-même, la question de la sensibilisation des hommes, car l’évolution vers la diversité ne pourra se faire sans eux. Un fait sur lequel tout le monde semble d’accord. Toutes reconnaissent que beaucoup de progrès ont été faits, pas mal d’hommes sont désormais sensibles à cela, et défendent les femmes au quotidien.
Elle constate que : « Par rapport au siècle précédent l’évolution de la mentalité des hommes est énorme, mais on ne veut pas que les femmes fassent tout toutes seules, au contraire. Les femmes ne sont pas meilleures que les hommes, ni l’inverse. Beaucoup de progrès ont été faits mais tout ne va pas bien, beaucoup de choses restent encore à faire. »
Une Journée Internationale des Droits des Femmes pour parler des freins à leur intégration, avec Pole Emploi
Enfin, Eva Rimini, Directrice de l’agence Pole Emploi à Castelnau-Le-Lez, nous parle des freins à l’intégration des femmes dans l’entreprise. Elle a bien souvent observé, que les femmes sont victimes des stéréotypes et se rendent victimes d’autocensure. La plupart du temps, elles ne se croient pas capables, elles négligent leur compétences et se sous-estiment.
Pour remédier à ce problème, elle propose de déconstruire les stéréotypes grâce à une meilleure information dans le milieu scolaire sur les secteurs qui recrutent, en améliorant les systèmes d’orientation scolaire par exemple. Elle conseille aussi, de développer des outils d’orientation qui seraient basés sur les compétences ou prédispositions de chacun, qui sont souvent transposables d’un métier à l’autre.
Dans ce sens, Pole Emploi propose des stages de pré-embauche, un Emploi Store (outils pour construire un Cv Vidéo, conseil pour la mise en valeur des compétences..). Eva nous parle également de la semaine du numérique qui avait lieu la semaine dernière et qui avait pour titre « Mesdames, l’informatique vous irait si bien. »
En tant que femme ayant un poste à responsabilités, la promotion de la féminisation et de la diversité sont primordiales à ses yeux, et doivent se faire à travers la valorisation des compétences, sur lesquelles il faut absolument agir.
Pierre Vannier, seul homme ayant voulu prendre la parole sur les quatre présents
Cette table-ronde s’est clôturée sur le témoignage d’un homme présent à la réunion, Pierre Vannier, founder and CEO à la Flint Company, qui a souhaité être présent lors de cette Journée Internationale des Droits des Femmes et qui a pris la parole. Il nous dit ces quelques mots : « J’ai honte de ma condition d’homme et je suis révolté qu’on ne soit que 4 présents à cette réunion. »
Il souhaite une prise de conscience de la part des hommes, et l’évolution de cette « société sexiste et machiste, où les hommes s’en foutent des femmes et de la diversité. » Il dénonce ces hommes qui ont un problème d’ouverture d’esprit, de remise en question et de déni, selon ses propres mots. Ce dernier se déclare comme étant féministe et pense que la sensibilisation des hommes à la cause est essentielle, et que les associations et militants doivent être actifs à ce sujet.
Enfin, il déplore l’existence du syndrome de l’imposteur subi par beaucoup de femmes, qui pensent ne savoir rien faire. Il soulève aussi la question de la légitimité, et conseille aux entreprise de promouvoir une femme pour ses compétences et pas parce qu’elle est une femme (pour son sexe), ni pour améliorer ses chiffres ou pour servir ses intérêts…
« Les femmes doivent se mobiliser pour provoquer l’ouverture d’esprit, modifier les a prioris, faire bouger les dynamiques de groupes… Les entreprises, quant à elles, doivent se préoccuper de la notion de diversité et s’adapter pour entamer une démarche vers une meilleure égalité. »
Malgré des progrès constants dans le domaine de l’égalité femme/homme, les stéréotypes et les inégalités sont toujours présents dans notre société. Leur résorption va prendre plus de temps que prévu, en raison de freins mentaux et institutionnels qui subsistent. Mais aussi dans la mesure où, selon le Forum EM, la destruction d’emplois liée à la 4ème révolution industrielle, devrait toucher davantage les femmes que les hommes.
En cette semaine de l’Egalité, la parité dans le domaine économique est un horizon encore lointain selon le rapport du Forum Économique Mondial et le Global Gender Gap de 2016. Selon ses projections, il faudra attendre l’an 2186 pour voir l’écart économique disparaitre entre les sexes. Ce qui laisse du temps à chacun pour émettre de nouvelles propositions et pour mener des actions, en faveur du combat pour l’égalité femme-homme.
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