Comment se faire entendre contre la loi travail ?
Mardi 17 mai à 10h30, 2500 manifestants (selon les syndicats) contre la loi travail se sont donnés rendez-vous place Zeus. Bien encadrés par la police, on retrouve dans le cortège la CGT, le Parti Communiste, le NPA, Nuit Debout… Tous s’unissent pour faire entendre leurs voix. Ce parcours sans aucun incident s’est terminé place de la Comédie à midi.
On se rappelle de cette manifestation sauvage, de nuit et sous la pluie mardi 10 mai. Une manifestation qui avait duré plus de 3 heures dans les rues de Montpellier. Il y a eu aussi le « carnaval » organisé par la Nuit Debout de Montpellier samedi 14 mai, où les manifestants ont déambulé dans la rue jusqu’à 1 heure du matin sous le bruit des tambours poubelles et des casseroles. Après le passage en force du gouvernement avec l’utilisation du 49-3, les mouvements sociaux contestataires s’accentuent encore et ne sont pas prêts de s’arrêter.
Que revendiquent les manifestants ?
La manifestation est clairement orientée contre le gouvernement et le MEDEF. Des slogans anti-Valls, des chants anti-Macron et des extraits en boucle du célèbre passage de la ministre du travail Myriam El Khomri dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin.
Myriam El Khomri admet ne pas connaître le… par BFMTV
Pour Fanny, étudiante en sociologie, « on nous prend pour des imbéciles avec ce 49-3 ». La manière dont s’est effectué le passage en force n’est pas sa seule inquiétude. Après l’Etat d’urgence, maintenant la loi travail : « C’est aberrant de ne pas écouter ce qui se passe dans la rue. Ça va bien au-delà de la loi travail. » Indéniablement, les citoyens sont inquiets au sujet de cette loi, et les personnalités politiques locales font l’impasse sur le sujet. Unique position : se focaliser sur les dégradations commises par les casseurs. Cependant, aucun ne prend position sur le fond de cette loi.
@SantarelliMarie #Montpellier Les lycéens doivent se défaire des casseurs. Ce sont eux et leurs parents qui payent pic.twitter.com/j44ReSEUO7
— Guy Barral (@barralguy1) 15 avril 2016
Quand la pétition de Caroline Haas comprend plus d’un million de signatures, il n’y a localement aucun dialogue sur le sujet entre les politiques et les citoyens montpelliérains. « Ça fait 2 mois et demi que tout le monde est dans la rue… Il faut continuer à dire qu’on n’est pas d’accord avec ce qu’il se passe » insiste l’étudiante. Caroline, autre manifestante, dresse un constat encore plus alarmant : « C’est le renversement total de la logique de protection des salariés. Si on laisse passer ça, on est mort. »
Est-ce que ces manifestations sont efficaces ?
Pour Caroline, « ce genre de manifestations sont efficaces si les gens prennent consciences qu’on se bat pour eux. » Tout en indiquant qu’il y a « d’autres formes d’actions partout en France, comme les blocages économiques ou de circulation. » C’est un peu ce qu’il se passe lorsque le Polygone doit fermer ses portes afin d’empêcher les manifestants de pénétrer dans le centre commercial jeudi 12 mai.
La #manif12mai bloque le Polygone à #Montpellier #Valls pic.twitter.com/nWrNUloaa9
— LeNouveauMontpellier (@LeNouveauMtp) 12 mai 2016
Pour Serge Ragazzacci, secrétaire général de l’union départementale CGT, « c’est quand une grève gêne les entreprises qu’il y a un impact. La manifestation en soi, ça ne suffira pas. » Très optimiste pour la suite, il affirme que les « mobilisations vont monter en force à partir de jeudi ».
« Il faut parler avec les gens »
Pour étendre la manifestation et pousser les mouvements de contestation, Caroline pense qu’« il faut parler avec les gens… Il ne faut pas rester entre nous et éviter que le mouvement ne se renferme sur lui-même. » Des remarques que l’on entend au sujet du mouvement Nuit Debout, qui se fait discret en fin de cortège. La CGT est majoritaire dans cette manifestation et lorsque nous posons la question au secrétaire général de la CGT, il nous répond qu’ « il n’est pas impossible que si Nuit Debout nous sollicite sur un sujet précis, on a donné un accord de principe pour venir exposer notre proposition ou l’avis de la CGT. »
Reste à savoir comment la convergence des luttes va s’organiser entre les mouvements. La loi travail concerne l’ensemble des citoyens.











