Le Festival MDR-Montpellier du rire inaugure sa première
Du 25 avril au 12 mai aura lieu la première édition du Festival MDR-Montpellier du rire, un festival d’humour qui va accueillir pas moins de 251 spectacles interprétés par près de 500 artistes venus de toute la France. Rencontres avec Céline Davitti, organisatrice du festival, et Edgar et Robin, deux artistes qui y participeront.
MISE A JOUR AU 24 AVRIL 2014, le festival est annulé.
L’origine d’une idée
Céline est comédienne et humoriste. Elle écume les festivals, les plateaux, les scènes ouvertes de l’humour. Dix à quinze minutes pour convaincre un jury, pour donner envie aux gens de venir voir votre spectacle en entier. « Il y a des gens sur 10 minutes qui ne sont pas top, mais quand tu vas voir leur spectacle c’est super. Alors que d’autres en 10 minutes ils régalent tout le monde, raflent tous les prix et quand tu vas voir leur spectacle, les seules 10 minutes de drôle sont celles qui sont passées au festival » expose-t-elle, critique. Edgar, lui, confie qu’en 10 ou 15 minutes, il est très dur de faire ses preuves : « Pour le festival de Montreux, il m’a même été demandé de faire 5 minutes. J’ai voulu tout montrer mais je n’ai pas été pris, j’ai été stoppé à Bobino parce que le jury a trouvé que c’était le bordel. Mon spectacle c’est un ensemble de plusieurs tableaux très différents avec du mime, de la musique et de l’humour… Sur un plateau il faut que je fasse un choix, c’est difficile, tu ne sais pas ce qui peut plaire au jury et au public. On veut se démarquer mais on craint d’être hors concours aussi. »
Une grande difficulté à montrer ce qu’on sait faire. Un jour, pour Céline, c’est le plantage, elle se rate et tout le monde lui tourne le dos. Là, une idée germe, un mal pour un bien. « Je me suis dit que je souhaitais créer, faire venir de partout des gens de tous les niveaux et qu’ils fassent leur spectacle en entier ! ». Le processus s’enclenche, il lui faudra deux ans pour que le festival soit prêt.
Une organisation fastidieuse
Pendant deux ans, Céline contacte tous les gens dont elle a scrupuleusement noté les coordonnées et avec qui elle garde contact régulièrement. « Je suis restée moi-même, simple et ils ont tous accepté de jouer le jeu quand je les ai contactés. Je les en remercie tous par avance. » 251 spectacles dont 180 spectacles de comédies (avec comédiens d’origine) qui tournent beaucoup dans le pays ou de têtes d’affiche (Gérald Dahan est parrain de cette première édition et l’ouvrira le 26 avril au Centre Rabelais). 473 artistes venant d’ailleurs qu’il faut loger et nourrir, plus de 500 en comptant ceux de Montpellier, une trentaine de techniciens, 12 lieux pour les spectacles, 8 personnes dans l’équipe d’organisation. Des chiffres considérables qui ne sont pas sans sembler vouloir talonner ceux du festival d’Avignon.
Beaucoup de contraintes et de difficultés face à elle : « Quand j’ai commencé à mettre tout en place il y a deux ans, je ne me suis pas dit « je ne vais pas le faire en 2014, il y a les élections municipales », j’avais prévu cette année et ça a été difficile pour les subventions. Ils les accordent en mai, après les élections. Pendant, ils ne donnent pas. Mais moi, je ne me voyais pas dire aux gens que finalement on le faisait en 2015, par respect pour eux. » Avec son association L’escale de l’humour s’engage donc un travail qui finit par payer. Rendez-vous, coups de téléphone, les Maisons pour tous de la ville lui sont ouvertes.
Pour le plan de communication et pour remplir les salles, la grosse artillerie est de sortie. « Le programme va être tiré à 200 000 exemplaires, distribués dans les boîtes aux lettres, les bars. On va voir avec l’Agglomération où l’on peut faire un affichage. On va être actif sur les réseaux sociaux dont Instagram. Montpellier a souvent comme image le soleil, la plage, les belles nanas, le sport parce qu’on a gagné une coupe en foot, mais on va montrer autre chose. 50 vidéos vont circuler, chacune avec une personne connue de Montpellier, un ponte en médecine, un champion de kitesurf. Ils parleront du festival MDR et moi je parlerai d’eux. Elles seront diffusées sur TV Sud, Dailymotion, le site internet… »
Il y a déjà des réservations de faites mais pour Céline, l’important c’est aussi que les gens s’attardent autant sur les têtes d’affiche que sur les inconnus. D’ailleurs, les uns et les autres sont logés, nourris et sous contrat à la même enseigne. Pas de rachat de spectacle, de la coréalisation pour tous. Un bon moyen aussi de ne pas trop avancer d’argent et de s’en sortir financièrement.
Un festival au « concept inédit »
Pour Edgar, ce festival est un concept inédit, « c’est entre le festival d’humour classique et le festival d’Avignon ». La comparaison est avancée et assumée. « À un festival d’humour il y a un jury, là non mais ce ne sont que des spectacles d’humour ! Et comme pour Avignon, c’est sur une longue durée, pas 3 ou 4 jours comme les festivals classiques, et le spectateur est libre de découvrir lui-même les spectacles. Avec autant de spectacles, ça tape un grand coup et ça peut avoir un retentissement national. » Il est conscient que le festival va devoir s’affirmer pour se faire un nom, mais « si le public suit, ça sera un truc énorme ». Il se transformera d’ailleurs lui-même en spectateur quand il ne jouera pas : « Il y a des copains qui viennent jouer, j’ai peu l’occasion de les voir dans la région, ce sont parfois des artistes reconnus dans la profession mais pas connus encore. »
Le 4 mai à 19h, Edgar montrera ses multiples talents sur la scène de la Maison pour tous Léo Lagrange à la Mosson. « J’ai entendu parler de ce festival par une participante et comme je suis de Béziers, je voulais en être. Céline m’a calé dans un créneau comme elle a pu ! J’avais déjà une idée de qui elle était, j’avais vu ses affiches avec une belle blonde et un titre accrocheur, « Céline de la tentation », et je l’ai contactée de moi-même. » Et comme le mentionne Céline, « tous acceptent de jouer le jeu », Edgar y compris, en invitant tous ses contacts sur Facebook à aimer la page du festival et faisant à son échelle sa promo pour remplir la salle. « J’ai l’atout d’être de la région, les gens viennent pour me voir. »
Affiche du spectacle de Céline Davitti « Céline de la tentation »
(Crédit photo © Céline Davitti)
Des spectacles pour tous
À un spectacle joué au Théâtre Gérard Philippe, un membre de la compagnie 14 grammes parle à Robin Recours du Festival MDR qui se monte. Le bouche à oreille dans un microcosme tel que celui du théâtre et de l’humour est d’une efficacité fulgurante ! « Je connaissais Céline, je l’avais en contact, on s’était croisés au Montpellier Comédie Club auquel elle avait participé. Je l’ai appelée, on a discuté et elle se souvenait de ce que je faisais et trouvait pertinent que je participe. Cela a été très cool, elle s’est montrée très accueillante. » Robin propose donc un spectacle pour les adultes et un autre pour les enfants. Céline est enchantée, il y aura des spectacles pour tous !
La thématique du spectacle pour tous est d’ailleurs récurrente dans ce festival. Céline y tenait, les spectacles ne devaient être pas chers pour êtes accessibles à tous. Alors la carte MDR que vous achetez à 10€ vous permet d’accéder à tous les spectacles pour 10€, même aux plus chers qui sont à 16€. Autant dire qu’en 2 spectacles, elle est rentabilisée ! Pour Céline; il s’agit d’une dimension sociale essentielle et c’était assumé dès le départ !
Affiche du Festival
(Crédit photo © Vincent Roussillat)
Une prise de risque importante
Pour une première édition, la programmation tape fort et comme le souligne Edgar, cela peut avoir un « retentissement national ». Mais ceux qui connaissent les festivals d’humour savent que leur intérêt est de découvrir des nouveaux talents, de les accompagner, qu’ils trouvent des producteurs et des diffuseurs. Là, étant donné que c’est la première édition, le festival ne bénéficiera pas de la notoriété d’un festival d’Avignon et devra sûrement compter sur un public essentiellement montpelliérain. Céline assure que des professionnels ont été contactés mais ces professionnels resteront-ils près de 3 semaines à Montpellier pour découvrir tous les talents prometteurs qui se produiront ? Dans des lieux éparpillés dans toute la ville ? On peut s’interroger sur l’impact que cela aura sur les carrières des différents artistes présents à ce festival.
Un festival d’humour dit « classique » est généralement sur 3 ou 4 jours. Le temps d’un week-end un peu prolongé, un lien se crée durant ces quelques jours où tous se côtoient et les contacts pro se multiplient. Ici, les artistes ne sont pas assurés d’avoir des contacts professionnels présents dans la salle.
Ce qu’il reste donc à faire c’est que le public, lui, soit présent en masse pour soutenir un festival qui veut se développer l’an prochain sur toute l’agglomération !
À vos marques, prêts ? RIEZ !
Le Festival MDR-Montpellier du rire recherche des bénévoles pour la communication, la diffusion et pour la durée du festival. Vous pouvez les contacter à cette adresse : [email protected]
Vos billets ici.
(Crédit photo de Une, Céline Davitti sur scène © Céline Davitti)







