Humans Of Montpellier n°38
Je suis Dominique Miñana, présidente de l’association Hactions, j’ai 59 ans , j’étais étudiante dans cette ville il y a plus de 35 ans et je suis revenue en 2010. J’ai retrouvé cette ville avec un changement certain. Pour moi le gros progrès de Montpellier c’est le tramway, même si, étant en fauteuil roulant électrique, le fait qu’il y ait une barre de maintien centrale à l’intérieur des wagons est gênant.
On ne se préoccupe plus de l’autre, on est trop enfermé dans sa bulle
J’entends bien que cela permet aux gens de s’agripper mais s’il n’y avait pas cette barre de maintien, ça permettrait de libérer l’espace aux personnes en fauteuil ou aux mamans en poussette. D’autant plus que toutes les règles de politesse dans les transports se perdent, c’est ça la réalité au quotidien ! Cette impression de vouloir tout le temps demander pardon pour avoir un passage. On ne se préoccupe plus de l’autre, on est trop enfermé dans sa bulle. Il y a une communication, des échanges qui ne se font plus.
On me dit que l’on fait beaucoup, mais Montpellier j’ai l’impression que ça stagne. J’observe autour de moi et je n’ai jamais vu autant de bidonvilles que ce que je vois actuellement, ça me choque ! Dans un pays tel que la France, que l’on ne puisse pas assurer un minimum vital et décent aux gens, c’est pour moi un non respect de la dignité humaine.
Étant en situation de handicap, on est des sous-citoyens
J’ai eu des alertes, je sais que dans un camp de Montpellier, il y avait une famille avec deux enfants en situation de handicap. Un des gamins avait un respirateur artificiel et il fallait l’alimenter avec un groupe électrogène. Parfois, alors qu’ils passaient l’hiver au froid, les parents n’avaient pas d’argent pour acheter le combustible qui alimentait ce groupe électrogène. C’est quelque chose que je ne peux pas entendre ! Qu’on ne vienne pas me dire qu’aucune solution ne pouvait leur être attribuée à cette famille.
Tout le monde est frileux et personne ne réagit de nos jours, après ce n’est pas le soir des élections qu’il faut aller pleurer, c’est avant qu’il faut agir. Je suis quelqu’un qui est un peu dans la « résistance » et ce que je fais, c’est par conscience personnelle car cela me semble juste et bien. Donc en mon âme et conscience, pour le deuxième tour des élections présidentielles, je n’ai pas voter car aucun des candidats ne me représente. Étant en situation de handicap, on est des sous-citoyens. On ne peut pas être juré d’assises, on ne peut pas entrer partout, les lois on les écrit, on les reporte, tout le monde s’en fout ! Ben moi je vais exprimer à tout le monde que la sous-citoyenne vous dit bonjour et qu’elle ne vote pas car elle ne se reconnaît pas dans ce que vous faîtes et ce que vous dîtes.









