Les Aiguerelles dans la tourmente
Depuis le 16 mars dernier, les parents d’élèves du collège des Aiguerelles (Montpellier) bloquent l’accès de leurs enfants à l’établissement. L
a raison ? La décision prise par le rectorat de réduire les heures allouées au collège pour la rentrée 2015.
« De jour comme de nuit, nous restons mobilisés », lance Natacha Pallot, mère d’un jeune collégien en classe de sixième section bi-langue anglais-allemand. Même en période de vacances scolaires, au collège des Aiguerelles, les parents d’élèves ne relâchent pas leurs efforts.
Cinquième semaine de mobilisation
Depuis le 16 mars dernier, ils bloquent l’entrée de l’établissement aux enseignants et aux élèves. En cause ? Un choix du rectorat de Montpellier. Celui-ci a décidé, en février dernier, que le volume d’heures attribuées à l’établissement en 2015 pour pouvoir fonctionner allait diminuer : 55 heures en moins par semaine. « Cette baisse de subventions allouées à l’établissement met en péril de nombreuses sections, argue Natacha Pallot. Sans budget, l’établissement va être obligé de fermer des classes : les classes bi-langue, section internationale et architecture pourraient fermer et énormément d’élèves se retrouveraient dans la difficulté », poursuit-elle. Les parents d’élèves estiment en outre que le rectorat se base sur des chiffres erronés qui « ne prennent pas en compte la réalité des effectifs », ajoute-t-elle.
Alors en attendant de faire bouger les lignes, les parents d’élèves occupent les lieux. « On est des bons campeurs, il ne fait pas froid, alors on s’organise. Il y a une grosse solidarité entre parents », détaille Natacha Pallot. Mercredi 15 avril, les parents d’élèves, soutenus par les enseignants, ont organisé une manifestation devant le rectorat. Durant plusieurs heures, ils ont affiché leur mécontentement. Sans retour. « Cela fait 15 ans que nous menons un travail de qualité pour que le collège propose des formations diverses et de qualité à ses élèves, soutient Yves Cardin, professeur d’EPS aux Aiguerelles et représentant syndicat SNES-FSU. Le rectorat est en train de saboter tout notre travail, c’est une position d’autiste. »
Le collège des Aiguerelles est occupé par les parents d’élèves depuis le 16 mars dernier (Crédit Photo : © Lohann Bonfils)
Deux députés prennent le dossier en main
Du côté du département, le soutien est relatif. « Nous sommes inquiets pour les élèves, explique Patricia Miralles, conseillère départementale du canton et adjointe à la ville sur les questions sociales. Nous soutenons cette mobilisation sur le fond, mais pas sur la forme. Que font les enfants pendant tout ce temps ? On ne peut pas empêcher des élèves d’aller en classe, surtout ceux qui sont en troisième et préparent le brevet. Le maire de Montpellier, Philippe Saurel, a immédiatement réagi en écrivant à la ministre. J’espère que le problème sera résolu avant la fin des vacances », ajoute-t-elle.
Afin de mettre un terme à cette situation, Jean-Louis Roumégas (Europe Ecologie Les Verts) et Patrick Vignal (Parti socialiste), deux députés de la ville, ont fait remonter le dossier auprès du ministère de l’Education nationale. Mercredi 15 avril, alors que la manifestation battait son plein devant le rectorat, Patrick Vignal exposait la situation au directeur de cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education. « Après une discussion très musclée avec Madame le Recteur de l’Académie de Montpellier, Armande Le Pellec Muller, qui est une femme de poigne, je me suis rendu au ministère pour exposer le problème du collège, expose Patrick Vignal. Je pense que nous allons vers une sortie de crise rapidement et que l’on va trouver un consensus », poursuit-il.
Pas de proposition avant le 27 avril ?
Le hic ? Armande Le Pellec Muller a besoin de temps pour trouver des solutions et faire une proposition convenable aux parents d’élèves et aux enseignants. « Elle a besoin de réponses des différents organismes », précise Patrick Vignal. Elle propose donc un rendez-vous aux différents protagonistes le lundi 27 avril, jour de la rentrée. Une décision qui ne convient pas aux parents d’élèves. Dans une lettre adressée au directeur de cabinet du Recteur de l’académie de Montpellier, la présidente FCPE des parents d’élèves Marlène Navoly explique qu’il « est impératif de trouver dès maintenant une sortie de crise honorable » et exprime la volonté des parents de recevoir une offre concrète avant le mercredi 22 avril.
De son côté, Patrick Vignal tempère : « Je comprends la situation des parents et je suis d’accord avec eux. Mais je fais confiance au bon sens de chacun et j’espère que Madame le Recteur aura des propositions acceptables à formuler lundi 27 avril. Je conseille aux parents de prendre du repos en attendant cette date. S’il s’avère que nous sommes encore baladés, moi aussi, j’occuperai le collège », conclut-il.
(Crédit photo de Une : © Simon Botteau)










