MHSC-OL (5-1) : Le récital Cabella
Au terme d’une prestation collective formidable de solidarité et d’envie, Montpellier et son fantastique meneur de jeu Rémy Cabella ont fait se lever le Stade de la Mosson dans une standing-ovation amplement méritée, ce dimanche après-midi. L’Olympique lyonnais, humilié, quitte l’Hérault la tête basse, avec dix points de retard sur Monaco, leader du championnat, après seulement neuf journées. Analyse.
Lyon part favori, Montpellier avec l’envie
Depuis son retour en Ligue 1, la bête noire du MHSC s’appelle Lyon. En effet, le collectif rhodanien a déjà battu l’équipe héraultaise à six reprises depuis la saison 2009/2010. Mieux, Lyon est la dernière équipe en date à avoir battu Montpellier chez lui, c’était le 18 avril dernier (1-2). Les hommes de Rémi Garde partaient donc très logiquement favoris face à des Montpelliérains incapables de ne pas faire match nul depuis cinq rencontres. Sifflés par leur public au cours des piètres derniers matches à domicile, les Languedociens avaient à cœur de mieux faire.
Dès l’entame du match, Montpellier mettait l’envie, au travers d’un pressing de tous les instants sur une jeune équipe lyonnaise qui a l’habitude d’avoir le ballon dans les pieds, mais pas forcément de prendre des coups. Peu avant le quart d’heure de jeu, le trio Montaño-Cabella-Mounier mettait la machine en marche. Et c’est bien le meneur de jeu montpelliérain qui allumait la première mèche et en profitait pour réaliser un des plus beaux ratés de ce début de saison ! Seul devant les buts vides, sa tête passait à côté du poteau (13e).
Mais les joueurs offensifs locaux ne se laissaient pas le temps de douter. En milieu de terrain, le très bon travail de Stambouli et Sanson finissait par payer. Cabella, une nouvelle fois bien servi dans la surface, transmettait à Montaño qui battait Lopes en deux fois. Second tir au but pour Montpellier et premier but (15e, 1-0).
La première mi-temps s’avérait plaisante à regarder. Les deux attaques se rendaient coup pour coup, obligeant les deux portiers à s’employer pour ne pas voir le score s’aggraver de part et d’autre. Montpellier optait pour une tactique nouvelle : jouer haut. Un pressing rarement observé depuis le début de la saison mais qui portait ses fruits en fin de première période. Sur un des trois corners montpelliérains, Mounier reprenait parfaitement de la tête le centre de Cabella et doublait la mise (44e, 2-0). Deux passes décisives pour le milieu offensif, et une défense lyonnaise absolument dépassée sur chaque attaque placée. Voilà comment prenait fin le premier acte.
Le cauchemar olympien
Dès le retour des vestiaires, Lyon réduisait le score. Un exploit individuel de Lacazette, qui dribblait deux joueurs et battait Jourdren de 25 mètres, permettait aux siens de revenir à un seul but d’écart (47e, 2-1). Juste avant que le ciel tombe sur la tête du club de Jean-Michel Aulas. En l’occurrence, le ciel s’appelle Rémy Cabella.
Pourtant, entre la réduction du score lyonnaise et l’heure de jeu, soit pendant près d’un quart d’heure, Lyon semblait revenir dans la partie en imposant un tempo très rapide au milieu du terrain. Même les latéraux défensifs se retrouvaient à participer aux vagues offensives, l’égalisation semblait proche. Mais Lyon se fit prendre à son propre jeu. À force de monter tous ensemble en ne laissant pas assez de monde derrière, les hommes de Rémi Garde se firent piéger. Sur une contre-attaque, Cabella, encore lui (!), lançait Montaño qui se présentait seul devant Anthony Lopes. Le portier lyonnais se jetait dans les pieds de l’attaquant qui s’écroulait. Rémy Cabella transformait sans souci le pénalty qui suivait et commençait son récital (59e, 3-1).
Acculés défensivement, les Lyonnais manquaient de lucidité et le plus jeune des défenseurs rhodaniens allait vivre un enfer. Si Ibrahimovic « zlatanne » ses adversaires, alors on peut dire que Ferri, lui, s’est fait « cabelliser ». Quelques minutes après son premier but, Cabella, bien lancé sur le côté gauche, prenait de vitesse l’inexpérimenté défenseur adverse, repiquait dans la surface et battait Anthony Lopes pour le but du KO (64e, 4-1). Sur l’engagement suivant, les hôtes de l’après-midi récupéraient le ballon et le pressing intense reprenait de plus belle. Les attaquants lyonnais, bien marqués par Hilton et El-Kaoutari, perdaient le ballon. Sur la contre-attaque suivante, Cabella, sur le côté, prenait une nouvelle fois Ferri de vitesse pour envoyer un caviar de centre sur la tête de Montaño, qui crucifiait une cinquième fois Lopes (66e, 5-1). La jeune équipe olympienne, accablée, était tout simplement spectatrice du fantastique match du meneur de jeu adverse. Ce dernier sortait peu après sous les applaudissements de son public (75e). Pour parfaire le cauchemar, l’arbitre Stéphane Lannoy expulsait logiquement Gonalons pour un second carton jaune en fin de match (83e). Une défense en chantier, un capitaine expulsé : sale après-midi pour Rémi Garde qui voit son équipe tomber à la 14e place.
La bonne tactique, enfin ?
Cinq matches nuls de suite, nuls dans tous les sens du terme. Puis une prestation de haute volée contre l’Olympique lyonnais. Certes, ce n’est pas le Lyon de la grande époque, mais cela reste Lyon. Deux semaines avant de recevoir un autre gros calibre de ce championnat (Lille, le 19 octobre), qu’a bien pu changer Jean Fernandez pour que ses hommes puissent inscrire cinq buts ? Un système de jeu plus offensif, à coup sûr. Porté vers l’avant, axé sur un pressing de tous les instants, surtout sur les principaux points faibles de l’adversaire, en l’occurrence la défense. Lyon, après son unique but, a lui aussi voulu jouer de la sorte. Quinze minutes plus tard, il venait de prendre trois buts en l’espace de sept minutes. Mais aujourd’hui, Montpellier avait ce que Lyon n’avait pas : un joueur capable de distribuer trois passes décisives et d’inscrire deux buts en 70 minutes de jeu. À quand l’Équipe de France pour Rémy Cabella ?








Très bon article pour le coup