Une jeunesse à la découverte du crowdfunding !
Toujours en immersion dans le crowdfunding, nous avons questionné Kevin Bary de l’agence de conseils et accompagnement Happy crowdfunding basée à Montpellier. Ce qu’il pense de notre travail, les éléments à retenir, et les difficultés générales rencontrées au cours d’une campagne.
Une campagne de crowdfunding demande énormément de préparation. Avant de lancer notre campagne, nous avons cherché à comprendre les différentes étapes d’un financement participatif. Le choix de la plateforme est l’une des décisions les plus importantes. Kévin Bary fait partie de ces acteurs qui nous ont suivi lors de la préparation.
Le Choix de la plateforme
Selon la nature du projet et ses besoins, le choix de la plateforme est primordial. Il existe différentes plateformes comme Ulule ou Kickstarter. Celle que nous avons choisi est KissKissBankBank. Parmi les plus connues de France, cette plateforme était initialement créée pour aider les artistes musicaux à financer leurs projets avec le soutien de leurs proches et de leur communauté. Une autre des raisons pour choisir KissKissBankBank est l’opportunité. Adrien Aumont, co-fondateur de la plateforme venait d’officialiser un partenariat avec l’IAE de Montpellier et donnait une conférence le 31 mars 2016 afin d’exposer les enjeux du crowdfunding. Il annonce aussi par la même occasion son désir de s’implanter localement dans la région pour étendre l’entreprise et avoir une vision plus locale dans les projets présentés sur sa plateforme.
D’autres plateformes plus spécialisées existent aussi. On peut prendre l’exemple de Enerfip, qui permet de financer des projets en rapport avec l’écologie. Autre exemple sur la preuve de l’émergence de ce phénomène, Boris Bergerot, professeur de marketing qui lance très bientôt sa plateforme de financement participatif dans le e-sport et les jeux vidéo. Le crowdfunding est de plus en plus popularisé au sein de chaque secteur d’activité.
A noter que la moyenne des montants collectés sur KissKissBankBank est de 4000€ et que 58% des projets présentés sur le site en 2015 réussissent à atteindre leur premier objectif. D’où l’importance de se fixer des objectifs cohérents avec les besoins du projet et calculer la durée nécessaire pour récolter les fonds.
La présentation et le lancement de la campagne
Avant de nous lancer dans cette aventure, nous avons interrogé un spécialiste du crowdfunding à Montpellier, Kévin Bary afin de mieux comprendre les secrets du financement participatif. Nous lui avons demandé son avis sur notre campagne et « pas grand chose à redire sur la présentation du projet et des contreparties. Tout est propre ». A défaut de bien présenter une campagne, avec une vidéo de présentation et organiser des contreparties adaptées au public, l’important « c’est le démarrage de la campagne et les 10 derniers jours » selon le spécialiste. Pour l’exemple du Nouveau Montpellier, le bémol réside dans le « nombre de personnes qui ont déjà donné durant les 4 premiers jours par rapport à la somme collecté de 3760€ en 4 jours ». Ce qui représente 44% de la collecte globale à effectuer en 45 jours. Bonne nouvelle : « le démarrage est excellent ».
Cependant, il reste encore à mobiliser les autres cercles. Pour cela, « Il faut inciter les personnes à contribuer en volume, de sorte à véhiculer l’information. » nous confie le fondateur de Happy Crowdfunding. « Théoriquement, la somme la plus basse c’est 5€. Et 5€ ce n’est pas fou… ». Il nous révèle aussi que l’une des techniques pour stimuler un peu plus les campagnes en général, est de « commencer à activer les autres cercles en mettant en avant les contreparties ».
Quelles sont les cercles et comment les atteindre ?
Le premier cercle correspond aux amis et à la famille des membres. « Une fois que l’ensemble des cercles du projet ont été touché, les personnes qui ont déjà contribué, doivent en parler autour d’elles pour toucher le second cercle. » Chaque projet a ses cercles et ses cibles en fonction de son activité. Avec l’exemple du Nouveau Montpellier, le deuxième cercle correspond à celui des lecteurs intéressés par l’information produite par des jeunes et les amis des amis qui ont intérêt à ce que le projet aboutisse. Les spécialistes du numérique et les influenceurs font aussi partie des cibles, car ils peuvent apporter une crédibilité au projet (startup, Frenchtech, journalistes).
L’aspect média du Nouveau Montpellier implique par conséquent de toucher les associations, les entreprises et les collectivités locales, qui ont besoin de relayer leurs informations auprès du grand public. Son aspect associatif, avec des valeurs d’éducation aux médias, permet aussi de toucher les Universités, les chercheurs, les artistes et les enseignants.
Pour prendre un autre exemple, The Place To bio qui cible les consommateurs de produits bio, ciblera les associations et les entreprises qui ont les mêmes valeurs dans ce secteur. Tout est écrit sur la page « promouvoir votre projet »
Comment toucher ces cercles ?
« Ils ont donné, c’est excellent, mais il ne faut pas que ça s’arrête à ça… » insiste Kévin Bary. Une campagne réussie, c’est une campagne qui concerne les acteurs/donneurs : les Kissbankers, comme on les appelle sur le site KissKissBankBank. Ils deviennent en quelque sorte des ambassadeurs du projet, puisqu’ils contribuent directement à son financement.
Avant d’ouvrir une nouvelle bouteille de Coca-cola, il faut finir celle qui est entamée avant qu’il n’y ait plus de bulle… »
« Peu importe la somme, l’important c’est que les personnes participent à votre projet » indique t-il. « Il faut d’abord travailler sur le premier cercle. C’est déterminant. Avant d’ouvrir une nouvelle bouteille de Coca-cola, il faut finir celle qui est entamée avant qu’il n’y ait plus de bulle… » Une métaphore qui explique l’importance de communiquer d’abord sur le cercle des proches et de la famille, sans être trop lourd et rébarbatif au sein de la communauté.
« Il ne faut pas hésiter à faire du story telling. Raconter son histoire. La raconter à ceux qui vous suivent et qui n’ont pas encore contribué… ça plait aux gens. Faut pas hésiter à la mettre en scène. » La capacité d’implication des internautes dépend aussi de la manière d’exposer le projet et son origine. L’utilisation des réseaux sociaux est primordiale pour « expliquer d’où ça vient et où ça en est aujourd’hui. Il faut avoir un discours ultra positif ». En attendant, le crowdfunding est une expérience inédite pour les jeunes de l’équipe du Nouveau Montpellier et restera, quelque soit le résultat final une aventure humaine extraordinaire.
Pour conclure, « il faut garder la pêche jusqu’au bout ! C’est fondamental. 45 jours c’est long… » insiste Kévin Bary. Une sorte de marathonfunding, où l’intelligence collective et la conviction des acteurs ne font qu’un.
On écrit la suite de l’histoire ensemble ?















