8 Mars - La Journée internationale des droits des femmes !
Depuis 1977, le monde entier célèbre cette journée comme étant celle de la lutte pour les droits des femmes. Le 8 mars est devenu symbolique : rassemblements, revendications, appels à la grève, de nombreuses organisations ainsi qu’associations féministes appellent à un mouvement national. À Montpellier, la population est très sensible à la place de la femme et malgré un clivage encore important entre l’homme et la femme, les avancées pour les droits des femmes et pour l’égalité des sexes sont bien présentes dans notre société actuelle.
Une égalité des sexes encore inexistante
L’année dernière, Le Nouveau Montpellier parlait du harcèlement de rue avec la question suivante : Paranoïa ou réalité quotidienne ? Ce problème qui touche 100% des femmes pose la question de la place de la femme dans notre société. Ce harcèlement est une conséquence directe de la dévalorisation et de l’objetisation de la femme par une partie minoritaire de la population qui prône le machisme.
La femme n’est ni supérieure, ni inférieure à l’homme, la femme est l’égale de l’homme. Ça marche aussi dans l’autre sens, l’homme n’est ni supérieur, ni inférieur à la femme, l’homme est l’égal de la femme. Mais est-ce bien le cas de nos jours dans notre société ?
Pour le mercredi 8 mars 2017, les femmes étaient appelées à arrêter de travailler à 15h40. Cet horaire est symbolique, il marque le moment à partir duquel les femmes ne sont plus payées sur leur salaire par rapport aux hommes. La vidéo se termine par une phrase choc mais tellement réelle : “en 2017, les femmes en France gagnent encore 26% de moins que les hommes”
Cela fait quarante ans que l’Organisation des Nations Unies a officialisé la journée du 8 mars comme étant celle de la lutte pour les droits des femmes. Plusieurs associations militent tant bien que mal à l’établissement concret, visible et pérenne de l’égalité des sexes.
Pourtant le sexisme est encore là et il est bien visible. En témoignent les publicités de plus en plus nombreuses et dénigrant la femme. Elle se retrouve tantôt cruche, tantôt manche à balai ou bien accro aux soldes alors que l’homme se retrouve comme étant l’homme à tout faire, celui qui porte les courses et qui regarde impuissant son compte en banque se vider. Ce sexisme visuel qui se retrouve placardé dans toutes les rues de France est devenu viral, envahissant voire banale pour les publicitaires. On dénombre tellement de publicités sexistes qu’un blog internet a été créé pour les recenser : Je Suis Une Pub Sexiste.
A l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, les étudiants ont bien conscience de ce problème visuel de la publicité sexiste envahissante. À l’occasion de la semaine des droits des femmes organisée par un collectif d’étudiant rassemblé autour de l’association “Solidaires étudiant(e)s”, une exposition sur le sexisme dans les publicités est mise à la disposition des étudiants pour se rendre compte de ce sexisme.
La lutte pour les droits des femmes s’intensifie
Aujourd’hui Montpellier affirme ne pas mettre de côté la femme. Les montpelliérains et les montpelliéraines s’unissent pour lutter contre l’inégalité des sexes et pour faire changer les choses. En ce 8 mars, des manifestations étaient organisées sur la Place de la Comédie mais aussi à l’esplanade Charles de Gaulle pour montrer à Montpellier mais aussi à la France entière que le temps de l’inégalité entre homme et femme doit être révolu.
Ainsi comme nous l’explique Caroline Navarre, maire adjointe déléguée à la prévention santé et aux droits des femmes, la mairie de Montpellier accompagnée des associations de la ville, se sont réunies pour accueillir le public afin de le sensibiliser à la lutte des droits des femmes. “Avec des écoles et des associations sportives, nous faisons vivre le sport féminin sur l’esplanade Charles De Gaulle. L’objectif de cette journée est de faire découvrir au grand public le sport féminin, comme par exemple le taekwondo, la boxe, le judo.”
A 16h, une zumba géante était même organisée pour soutenir la candidature de Montpellier pour le mondial de football féminin de 2019.
8 MARS 2017, #JourneeDesDroitsDesFemmes à #Montpellier: 16h zumba sur espla et à 18h Pagézy (ancienne Mairie) table ronde sur #sportfeminin pic.twitter.com/SEEyt7cOGW
— NAVARRE Caroline (@CaroNavarre) 8 mars 2017
Cette lutte pour les droits des femmes est nécessaire encore aujourd’hui : “On retrouve des inégalités jusqu’au sport féminin : par exemple lorsqu’on feuillette un magazine sur le sport, les sportifs masculins seront plus mis en avant par rapport aux sportives féminines, concernant aussi l’accès aux terrains sportifs c’est encore compliqué quand on est une femme, quelques fois il n’y a pas de vestiaires séparés hommes/femmes.”
Notre équipe était sur place afin d’aller au contact de ces associations et de la population pour répondre à la question suivante : Où en sont les droits des femmes aujourd’hui ?
L’association Stop Harcèlement de rue - Montpellier
Pour répondre à la question posée par Le Nouveau Montpellier lors de cette journée du 8 mars, nous sommes allés à la rencontre de l’association “Stop Harcèlement de Rue” qui lutte contre le harcèlement de rue que subissent les femmes. Leur but ? Mettre fin au sexisme, militer pour une égalité des droits, redonner confiance aux femmes victimes de harcèlement de rue.
Mardi 21 février, l’association organisait une soirée “Talk and Speak”, l’occasion pour les membres de l’association ainsi que la population montpelliéraine d’échanger. On rencontre Juliette Dubois, étudiante à l’Université Paul-Valéry et chargée de communication de Stop Harcèlement de rue Montpellier, elle nous explique l’histoire de l’association :
1ère édition “Talk and speak” à Montpellier par le collectif “Stop harcèlement de rue”. © Sylvain Arnaudo
LNM : Peux-tu nous présenter l’association Stop Harcèlement de Rue ?
Juliette Dubois : “L’association Stop Harcèlement de Rue est un collectif mixte qui se donne pour but de combattre le harcèlement de rue dont sont victimes principalement les femmes. Pour cela, une campagne de sensibilisation est lancée tout au long de l’année afin de former les femmes à bien réagir lorsqu’elles se retrouvent dans une situation de harcèlement. Chaque femme qui se balade librement dans la rue ne doit pas rester indifférente face au harcèlement de rue, notre objectif est de faire en sorte qu’elles arrivent à répliquer, à s’affirmer tout en évitant le conflit et la provocation. L’objectif est atteint lorsque le harceleur est désarçonné et s’éloigne de la victime le plus rapidement possible sans rien dire. Au quotidien les femmes mais aussi des hommes sont victimes de remarques déplacées, de gestes inappropriés, de regard insistants, de propositions inacceptables… C’est pour cela que nous avons créé une antenne de l’association Stop Harcèlement de rue à Montpellier.
“100 % des femmes ont été victimes d’harcèlement dans les transports en commun”
De temps en temps nous organisons des actions comme des journées de sensibilisation dans les rues pour interpeller les jeunes femmes, lorsqu’on leur donne la parole elles n’hésitent pas à s’ouvrir à nous et à nous parler de leurs mésaventures face aux hommes harceleurs. En ce moment, (le 21 février, jour de l’interview), nous organisons la soirée Talk and Speak : on parle autour d’un verre avec la population mais aussi avec des associations comme le “collectif martinE“.
LNM : Tu parles d’actions, peux-tu nous en dire plus ?
Juliette Dubois : Tout au long de l’année, l’association propose des activités ludiques, cela permet de faire passer des messages sur un sujet grave tout en mobilisant le plus de personnes dans les rues. Par exemple, l’année dernière, en 2016, nous avons organisé un événement “Le Chalkwalk” : le but était d’interpeller les gens et de leur demander d’écrire par terre à la craie des idées de répliques que les femmes pourront utiliser par la suite contre les harceleurs de rue. L’événement s’est prolongé ensuite par un “mur de la honte” sur lequel plusieurs personnes écrivaient sur des post-it des insultes ou bien des provocations qui resurgissent lors de harcèlement de rue. C’était un véritable succès, le but est à la fois faire interagir le public et aussi de sensibiliser le public au harcèlement de rue.
LNM : Sens-tu un engouement positif face à ce problème sociétal ?
Juliette Dubois : De plus en plus on retrouve des mobilisations contre le harcèlement de rue ou bien le harcèlement tout court. Par exemple, on remarque qu’il y a de plus en plus de comptes Facebook qui proposent de recueillir des témoignages sur toute forme de harcèlement : Paye ta Shnek / Paye ton bahut / Paye ta Fac etc. Le harcèlement est un vrai problème dans notre société qui est très marquée par le machisme, c’est pour cela que nous devons agir et non pas rester impassibles.
LNM : Trouvez-vous du soutien avec la Mairie de Montpellier ?
Juliette Dubois : On n’a pas de subventions de la mairie, c’est fort regrettable. Par contre ils sont à notre écoute. Lorsque l’on remarque des endroits de l’espace public mal éclairés et ainsi propices à des agressions, la mairie accepte volontiers de mettre en place un éclairage. Le problème qui se pose actuellement, ce sont les policiers municipaux qui manquent de formations. Par exemple, un jour que je me baladais dans la rue, aux alentours de la Comédie, je me suis fait accoster et harceler par un mec sous les yeux des agents de la police. J’ai fait fuir le harceleur à coup de répliques et lorsqu’il est parti les policiers sont venus à ma rencontre pour savoir si tout allait bien. C’est dommage qu’ils aient agi ainsi longtemps après que le harceleur soit parti, pendant l’incident ils n’ont pas bougé d’un poil, ils n’ont fait que me regarder.
LNM : Quelle est la finalité de l’association Stop harcèlement de rue Montpellier ?
Juliette Dubois : Notre but est de ne plus avoir à exister. Voilà c’est tout, pas plus, pas moins, faire en sorte que l’on n’ait plus besoin de nous.
Ne plus avoir à exister, c’est l’objectif final que s’est donné Stop Harcèlement de rue Montpellier. En attendant, l’association continue de mobiliser le plus de personnes possibles.







