Humans of Montpellier : Agathe Catel
Je m’appelle Agathe Catel, j’ai la trentaine et suis musicienne et photographe. A la base j’ai fait une formation de traductrice, mais progressivement l’art a pris le dessus. Je suis aussi comédienne.
J’ai vécu en Italie, à Madagascar, en Espagne, au Brésil… Une formation FLE (Français Langue Étrangère) était mon outil pour rester sur place dans un pays et avoir le temps nécessaire pour bien le connaître. J’ai toujours exercé la photo et la musique à côté. Je suis retournée à Montpellier en 2013 : le milieu culturel français me manquait. Je connaissais déjà Montpellier, car j’y avais fait mon Lycée, et mes grands-parents habitaient dans la région. J’avais l’impression de rentrer chez moi.
Je suis retournée à Montpellier en 2013 : le milieu culturel français me manquait.
Durant mon enfance, j’ai vécu dans les Pyrénées. J’ai eu la chance de grandir dans un milieu où l’on écoute beaucoup de musique. J’ai participé à nombre de groupes amateurs, j’écris depuis longtemps des textes, mais je ne pensais pas qu’un jour cela aboutirait.
Un EP (5 titres) est sorti en ligne en Septembre dernier et maintenant je sors mon premier CD avec 11 titres le 15 février. Il s’appellera « Upside ». Le concert de sortie d’album a lieu vendredi à la Salle Jean Moulin, à l’Université Paul-Valéry.
Je chante en trois langues, français, portugais et anglais. Pourtant l’espagnol est ma première langue après le français, je le parle couramment, mais bizarrement je n’ai jamais écrit de textes en espagnol.
Mais alors le portugais… j’adore. Pour moi c’est la plus belle langue. L’anglais est un moyen de me protéger, c’est moins direct que en français et du coup l’on ose davantage dire les choses que l’on n’oserait pas dire dans sa propre langue.
On peut avoir l’impression qu’on ne correspond pas au moule quand on se déplace un peu trop.
Si il faut mettre une catégorie sur le style de ma musique, c’est Pop avec des influences multi-culturelles et bossa.
Une chanson s’appelle « What a door can be ». La porte est pour moi très symbolique et poétique, c’est la rencontre. Dans la vie tout notre destin est dans les mains des rencontres que l’on fait. La vie, le chemin que tu prends, c’est des portes que tu ouvres; d’autres se ferment, donc ça ne sera pas le chemin que tu prendras, mais un autre…
« Sweet Wild » parle des sentiments qui accompagnent l’envie de voyager. En tant que femme, à un moment, un choix est nécessaire : est-ce que je choisis de construire une vie « normale », une vie de couple, sédentaire, ou est-ce que je continue ma vie nomade ? C’est le choix d’une femme moderne, car pour nos mères la plupart du temps la question ne se posait pas. Libre à chacun de choisir, mais on peut avoir l’impression qu’on ne correspond pas au moule quand on se déplace un peu trop.
Finalement j’ai de la chance, j’arrive à réconcilier les deux. Mais c’est une problématique que je me suis posée.
Avec la photographie je voyage encore beaucoup, avec les photos de cirque cubain, mexicain, brésilien… C’est encore une histoire de rencontre : lorsque j’habitais au Brésil, j’ai rencontré un photographe Argentin qui travaillait dans ce milieu. J’ai postulé au cirque cubain en leur envoyant des photos que j’avais prises, et j’ai demandé si ça les intéressait que je suive la tournée pour les photographier.
C’était assez fou, assez intense. Je les ai suivis pendant deux mois, avec trois spectacles par jour. C’était fascinant de voir les conditions de vie de circassiens cubains. De là, j’ai rencontré des amis mexicains, puis je les ai suivis au Mexique, ainsi de suite…
Le « Collectif Les Biches » auquel j’appartiens est une rencontre récente. Je suis assez féministe et j’avais sympathisé avec elles. C’est une structure de soutien aux femmes artistes. Elles organisent par exemple « le Bar à biches » où l’on peut rencontrer une foule d’artistes, des nanas qui prennent des initiatives.
Il y a aussi les « Wondermeufs » qui sont plus dans l’entreprise. Et la soirée de sortie d’album est aussi organisée par une association étudiante féministe « Les Anémones ». Je suis pour ce genre de structures, parce que l’Union fait la force.
J’aime bien l’échange de connaissances et de compétences sans un échange monétaire. Peut-être parce que j’ai vécu en Afrique, j’ai un regard différent sur l’argent. On a besoin de l’argent pour vivre, mais c’est le temps - l’échange de temps - qui a vraiment de la valeur.







