Humans Of Montpellier n°59
Je suis Mathias Lahiani, j’habite à Montpellier depuis facile 25 ans, j’ai bientôt 45 ans. Ça veut dire que je suis arrivé à Montpellier pour faire mes études ! À l’époque, j’avais le choix entre Paris et Montpellier, c’était pour faire de la musicothérapie. J’ai finalement choisi Montpellier parce que ça fait plus rêver quand même ! Je suis donc venu faire mon cursus en musicothérapie à l’Université Paul Valéry et dans le même temps j’ai fait le Conservatoire de Montpellier. J’ai de suite adoré cette ville. Il y a la mer, la montagne… J’ai adoré vivre ici pour son côté étudiant, le fait que la nuit tout le monde est dehors.
Pendant près de 10 ans, j’étais un étudiant et c’est à Montpellier que j’ai trouvé ma voie, mon « projet d’existence » comme j’aime le dire si souvent. Quelque part, je crois que je suis en quête de sens dans ma vie, le sens de la vie c’est quelque chose qui m’a toujours importé. C’est ici il y a 12 ans que j’ai démarré le site des initiatives positives qui s’appelle On passe à l’acte. 12 ans après, le site On passe à l’acte c’est 850 vidéos sur les nouvelles façons d’agir au niveau national voire international et plus de 500 pionniers du sens interviewés.
Montpellier m’a permis d’explorer
Les premières initiatives qui ont été publiées viennent du coin avec des gens issus de Montpellier et du Languedoc-Roussillon. Le fait que j’ai pu faire faire mon trip en tant qu’artiste à Montpellier m’a permis d’accéder à ce que je voulais vraiment faire dans ma vie. Il faut pouvoir un peu délirer pour réellement se trouver ! Et Montpellier m’a permis d’explorer. J’aime bien Montpellier pour son côté cosmopolite, ouvert. J’adore le climat, la nature. Je suis quelqu’un qui marche beaucoup, qui fait du vélo, qui va beaucoup à la rencontre des éléments. Et à Montpellier c’est génial parce qu’en une demi-heure tu te retrouves en pleine nature.
Ce que je trouve dommage c’est que cette ville est en avance sur la technologie, mais pour l’innovation sociale et sociétale, Montpellier n’est pas dans le coup. Cette ville French Tech, incubateur n°2 mondial, doit rajouter l’innovation sociale et sociétale dans son identité. Elle prendrait alors une dimension extraordinaire ! Ce qui se passe dans l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) à Montpellier c’est complètement insuffisant. Aujourd’hui, avec l’innovation sociale telle qu’elle est pratiquée ici, c’est environ 97% des projets positifs qui sont retoqués alors qu’il sont merveilleux, mais on sélectionne les plus commerciaux d’entre eux.
Alors en effet ça fait de l’ESS, mais quelle ESS ? l’ESS la plus commerciale ! C’est un travers vraiment grave parce que, paradoxalement, ça coupe l’herbe sous le pied à l’innovation sociale. L’innovation sociale c’est justement le fait de sortir d’un siècle industriel pour passer vers un siècle humaniste. Donc à partir du moment où l’on retoque 97% des projets, on rate un coche. Après ce n’est pas tant la ville de Montpellier qui est fautive, mais notre société contemporaine encore ancrée dans cette culture rentabiliste.
On sait très bien qu’on ne peut pas juste résumer un projet à son efficacité économique et commerciale. Si on fait ça, on tue l’innovation sociale. Avec On passe à l’acte, on a constaté que ces porteurs de projets n’étaient pas soutenus. Ils étaient seuls et pas forcément compris car leur projet ne générait pas forcement de l’argent. Les gens se demandent pourquoi ils le font. Parce que c’est leur existence qui parle, parce qu’ils trouvent que ça a du sens, que c’est important, que notre monde va parfois dans une mauvaise direction, alors ils proposent de nouvelles directions.
En agrégeant toutes ces solutions citoyennes et individuelles, on répond aux problèmes de société.
Notre posture, c’est que chaque personne qui veut faire quelque chose de positif dans ce monde doit être soutenue. Il faut lui dire « Bravo ! Merci ! Comment on peut vous aider ? ». Si c’est pas nous qui faisons ça, personne ne va le faire. Donc on s’est dit qu’on allait faire un lieu qui sera fait pour eux et dont personne ne va les sélectionner en leur disant que leur projet n’est pas viable. Dans le même temps, on déclinera notre étude sur les problèmes qu’ils rencontrent et les solutions que l’on a imaginé pour leur simplifier la vie.
Ça c’est la phase 2 de notre projet pour lequel On passe à l’acte va monter une structure de l’innovation sociale qui sera une coopérative. Ce sera une SCIC où l’on va agréger une dizaine de structure qui travaille sur l’impact sociétal positif dont une société de production vidéo, une maison d’édition et un incubateur d’accompagnement de projet. On a pour idée de proposer du coaching, de la formation, de la mutualisation, des appels à projets, ou un bilan d’existence qui est un bilan de compétence 2ème génération. On travaillera également sur la création d’un lab de l’engagement et d’un institut de notation sur les indicateurs d’impact positif.
Pour monter cette coopérative, on vient de sortir notre crowdfunding sur la plate-forme Zeste. Le fait de se monter en SCIC permet de faire une passerelle avec les grandes collectivités pour pouvoir être un porte voix pour les citoyens. Plus on aide ces initiatives positives, plus il y aura d’autres projets citoyens qui donneront espoir et entraîneront un effet boule de neige. Et en agrégeant toutes ces solutions citoyennes et individuelles, on répond aux problèmes de société.






