MiMa et le Volodia, une collaboration qui marche
Jusqu’au 4 novembre, les œuvres de Michèle Malaval, alias MiMa, sont exposées au restaurant Le Volodia pour une exposition intitulée « Urbana ». L’occasion de discuter avec cette sympathique artiste et avec un des gérants de ce restaurant, l’atypique Nicola Casties.
MiMa et Nicola, c’est avant tout une rencontre. Un coup de cœur l’un pour l’autre. Au printemps dernier, MiMa, qui refusait d’exposer dans des restaurants, fait un passage au Volodia durant un vernissage. Discrète, elle apprécie les lieux et tente un mail pour proposer ses créations. On la prévient : « Le gérant est très exigeant m’a-t-on dit. » Exigeant, mais Nicola flashe : « Très urbain, j’ai trouvé ça fantasmagorique. Ce qui va le moins bien ici, ce sont les petits formats mais j’aimais tellement que je voulais trouver une solution. »
Nicola s’est déplacé chez MiMa pour prendre connaissance de ses œuvres et c’est ensemble qu’ils ont vu ce qui serait exposé. Il a ensuite tout pris en charge, de l’accrochage à la communication autour de l’événement en passant par le vernissage. MiMa ne tarit pas d’éloges à son sujet : « Il est super, ça a vraiment été une superbe rencontre. »
Les œuvres exposées
Il y a deux séries de travaux de MiMa présentes dans le restaurant : une série très importante « Les créatures » et une autre, plus discrète, « Les vitraux éphémères ». Pour ses créatures, MiMa a toute une histoire à raconter car c’est une histoire à part entière dont elle a tiré un livre consultable au Volodia.
À partir de plusieurs photos qu’elle a faites en se promenant, où figurent des mannequins de magasins, elle raconte les blessures et les relations humaines. Elle reconnait avoir beaucoup mis d’elle-même dans ces 33 œuvres. « Cette série m’a pris deux ans et demi, elle est en deux parties, la première se terminait de façon tellement noire avec « L’adieu aux enfants » que j’ai fait une autre fin, enfin trois fins. Les mannequins vont se réfugier dans des grottes mais elles se dispersent après une dispute, certaines retournent dans les vitrines des magasins, c’est une prison mais aussi un cocon, d’autres vont se dissoudre dans la nature et le dernier groupe va dans la rue. »
C’est donc avec quelques photos, sans conceptualisation préalable, que MiMa raconte que « lors des parcours d’artistes, il y a des gens qui veulent pas que je raconte l’histoire, c’est moitié-moitié. Certains aiment raconter leurs propres histoires. Je ne mets plus les titres aussi parce qu’une photo que j’avais appelé « douceur » pour une personne était une vision de cauchemar. Les gens racontent autre chose. »
L’accrochage
L’accrochage, c’est Nicola qui s’en est chargé. Cela lui a pris trois heures : « On prévoit des choses mais ça ne marche pas, on doit casser, remettre à plat. Le miroir qui est là à la verticale, il était sur le mur là-bas à l’horizontale. » MiMa en a été ravie : « Je ne sais pas faire l’accrochage et ça m’a beaucoup intéressée de le voir faire. L’histoire que j’avais en tête, il n’en avait rien à faire, il avait un regard extérieur. »
Entre les deux, il y a une complicité. Nicola a une démarche artistique que MiMa lui reconnait indéniablement : « C’est lui qui a trouvé le nom Urbana. » On ne peut nier aussi la démarche de mise en valeur de MiMa que Nicola a fait : « Quand je fais une expo, je fais le flyer, le tirage aux frais du restaurant, je fais le vernissage et je fais ça bien, c’est une soirée que je pourrais facturer 2000 euros. Ce qui est sur les tables, ce sont des miniatures de ce que le restaurant propose sur la carte. Et la communication, on fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a, c’est sans prétention, je ne garantis pas à l’artiste qu’il vendra des toiles. » C’est effectivement imprévisible mais au moins les œuvres sont ici sublimées. MiMa en rigole : « De toute façon, je ne sais pas où ils sont, ceux qui achètent ! »
Il y aura au moins une œuvre qui ne repartira pas avec MiMa puisque Nicola en garde toujours une pour lui et il a l’œil expert. Et si Nicola est vraiment intéressé par l’art, n’hésitez pas à réserver une table car en plus de l’accueil élégant et agréable, Nicola cherche à régaler ses clients tout comme il chouchoute les artistes qui exposent. « On a ouvert en 2007, pour se faire connaitre, on aurait pu dépenser 2000 euros en pub mais on a préféré mettre ces 2000 euros dans des produits de qualité et un sureffectif dans le service. Après ça se fait par le bouche à oreille. »
Peut-être que si MiMa et Nicola s’entendent si bien, c’est justement parce qu’ils ont la même générosité, la volonté de partager. Ils ont abordé l’éventualité de prolonger l’exposition, comme s’ils n’arrivaient plus à se lâcher. De la collaboration qui marche vraiment !
Infos pratiques
Le Volodia ouvert du mardi au samedi de 12h à 13h45 (sauf samedi) et de 19h à 22h.
29 rue Jean Jacques Rousseau, 34000 Montpellier
(Crédit photo de Une : © Audrey Villate)







