Montpellier, vers une propreté retrouvée ?
La propreté était l’un des principaux chevaux de bataille des candidats aux municipales. Alors depuis l’arrivée du nouvel édile, y a-t-il eu une évolution ? D’où vient l’impression de saleté de certains Montpelliérains ? Comment en venir à bout ?
« Il y a beaucoup de choses à faire encore sur la propreté de la ville », disait Philippe Saurel à Midi Libre, lors de la campagne. Depuis le 15 septembre, ce dernier a officiellement lancé son « plan d’urgence propreté » qui regroupe plusieurs mesures parmi lesquelles le renforcement des équipements, la réorganisation et synchronisation des actions menées par la ville, l’Agglo et la SMN.
« Le cœur du problème »
La ville de Montpellier et l’Agglo sont deux entités différentes. Liée à chacune d’elles par un contrat, la Société Méditerranéenne de Nettoiement (SMN) du Groupe Nicollin a alors deux activités qui participent à la propreté générale de la ville, distinctes par contrat. « Cela a été fait par la volonté politique de l’époque, en dépit du bon sens il faut l’avouer », explique Bertrand Quillet, directeur du nettoiement de la SMN. Dans une optique de maîtrise des coûts, l’Agglo détient le contrat de la collecte des déchets, afin d’optimiser l’effectif de 380 personnes actives chaque jour et la flotte d’environ 160 véhicules sur un périmètre plus large comprenant les communes de l’agglomération. La ville a, quant à elle, signé pour la propreté. Autrement dit, le lavage et le balayage des rues. « Ces deux activités qui devraient fonctionner ensemble ont été distinguées par une volonté de la ville et de l’Agglo de ne pas travailler ensemble. Les possibilités pour la SMN de coordonner la collecte et le nettoyage sont alors restreintes », constate Bertrand Quillet.
Les Montpelliérains, acteurs de la saleté ?
« L’incivilité et la salissure anormalement importante qu’elle entraîne font que l’on a parfois du mal à être en adéquation avec la réalité montpelliéraine. À huit heures du matin, la ville est propre. Une heure après, c’est déjà sale », confie Bertrand Quillet. Il suffit d’une balade dans l’Ecusson pour constater que le comportement de certains engendre l’impression de saleté des autres. « Le moindre recoin est prétexte à uriner dans les rues à toutes heures de la journée. Il faut aussi compter sur ceux qui jettent leurs déchets au sol ! », peste un résident de l’Ecusson. « Il y a des endroits où l’odeur est irrespirable également à cause des poubelles éventrées par exemple », ajoute un habitant du centre historique.
La plupart des personnes interrogées pour les besoins de cet article s’accordent à dire que la propreté de la ville laisse à désirer et ils sont aussi très nombreux à incriminer leurs concitoyens en affirmant que « les gens sont sales ». « J’ai entendu beaucoup de gens rejeter la faute sur les autres ou sur la SMN. Mais ils oublient souvent de voir leurs propres actions », explique un éboueur.
« Il arrive que les déchets restent plusieurs heures dans la rue avant qu’ils ne soient ramassés ! » assure la propriétaire d’un commerce proche de l’église Saint-Roch. Les commerçants sont les premiers habitants du centre-ville, les premiers spectateurs de l’état des rues. Et les restaurants, les boutiques et autres magasins d’alimentation produisent une quantité non négligeable de déchets. Pour les collecter, la ville met en place des plages horaires durant lesquelles les commerçants peuvent sortir leurs poubelles qui sont ensuite rapidement ramassées. « On a eu beaucoup de mal à leur faire appliquer la règle, mais cette dernière ne leur a pas toujours été très bien expliquée. C’est un problème de communication », explique Bertrand Quillet.
« C’est en train de changer »
Selon Bertrand Quillet, l’élection de Philippe Saurel à la mairie montpelliéraine pourrait inverser la tendance. « Le maire est désormais à la fois à la tête de la ville et de l’Agglo. Il a le pouvoir de re-coordonner les deux collectivités. C’est d’ailleurs ce qui se passe en ce moment puisqu’on nous a demandés d’organiser nos prestations de manière plus cohérente. Ce qui était infaisable jusque-là ». En outre, la nouvelle municipalité semble avoir pris conscience du manque d’équipements qui permettrait de limiter la saleté en ville. Trop peu de poubelles, de corbeilles à papier, de toilettes publiques…
Pour y pallier, plus de 200 réceptacles à déchets et des toilettes, entre autres, devraient être installés dans la cité héraultaise. Une campagne d’information devrait être aussi menée en octobre afin de sensibiliser les Montpelliérains. « Cela ne résout pas tout, mais c’est un début d’amélioration. J’espère que cela permettra aux gens d’acquérir les bons réflexes », affirme le directeur du nettoiement. Alors, si les promesses sont tenues, la propreté de Montpellier devrait s’améliorer. Mais l’assurance d’une ville propre passe inévitablement par une implication de ses habitants. À chacun d’y mettre du sien.
(Crédit photo de Une : © Marion Doudhain)









